Faille Linux Copy Fail (mai 2026)

Faille Linux Copy Fail (mai 2026)

Une vulnérabilité Copy Fail a été découverte fin avril 2026. Elle concerne beaucoup d’ordinateurs sous linux.

Pour savoir si la vulnérabilité existe sur votre ordinateur : taper les commandes indiquées à la fin de cet article, dans le chapitre sur la vérification.

mettre à jour mon ordinateur linux

J’ai suivi les instructions de cet excellent site.

Vérifier l’absence de cette vulnérabilité

On peut aussi vérifier ensuite que tout a bien fonctionné :

lsmod | grep algif_aead

Rien ne devrait s’afficher en principe. Si rien ne s’affiche ça signifie que le module vulnérable ne se charge pas. C’est bien ce que l’on veut.

Ultime vérification : Pour Ubuntu 24.04 (Noble Numbat), tu devrais avoir une version égale ou supérieure à la 6.8.0-31 (ou une version spécifique 6.14 si tu es sur un kernel HWE). C’est ce que me dit Gemini le 11 mai.

uname -r

La réponse est « 6.17.0-23-generic ». Tout va bien donc.

Une image explicative de la faille

Image créée par Gemini

L’image est conçue comme une infographie technique simplifiée, divisée en deux parties distinctes pour expliquer le fonctionnement et les risques de la vulnérabilité CVE-2026-31431 :

  1. La zone « VULNERABILITY » (à gauche) : Un utilisateur avec des privilèges normaux lance une commande de copie de fichier. Cette action, normalement anodine, déclenche une erreur dans le noyau Linux. Cette erreur est symbolisée par des fragments de code brisés et une « fuite » d’informations qui contourne les sécurités habituelles.
  2. La zone « RISK » (à droite) : Un attaquant exploite cette corruption de mémoire pour contourner les protections. Un pictogramme montre un cadenas qui se brise, menant à une icône de l’utilisateur « Root » (super-utilisateur) symbolisé par une clé et une couronne, indiquant une prise de contrôle totale du système.
  3. L’interface Nginx : En haut de l’image, une interface graphique simplifiée de Nginx agit comme une barrière externe. Elle souligne le point que nous avons abordé : le danger survient lorsqu’une application exposée sur le web (via Nginx) est piratée et sert de point d’entrée pour lancer l’exploit « Copy Fail ».
Obsidian synchronisé sur 3 appareils avec Dropbox

Obsidian synchronisé sur 3 appareils avec Dropbox

J’utilise Obsidian depuis peu pour stocker mes notes personnelles et professionnelles. L’objectif était simple : avoir mes notes accessibles sur mon PC Windows, mon téléphone Android et mon ordinateur Linux, sans payer d’abonnement. Voici comment j’ai mis ça en place, les obstacles rencontrés et les décisions prises.


Pourquoi Obsidian et quel usage concret

Obsidian est un outil de prise de notes basé sur des fichiers markdown (.md) stockés localement sur votre machine. Pas de cloud propriétaire, pas d’abonnement obligatoire pour les fonctions de base – mes notes m’appartiennent et restent dans un dossier normal de mon ordinateur.

Mon usage principal : stocker des notes diverses au fil des jours, faire de la veille en conservant des liens commentés, et disposer d’une base de notes accessible depuis n’importe lequel de mes appareils.

Ce que je ne cherchais pas : un système complexe avec des dizaines de plugins. La règle que je me suis fixée – n’ajouter de la structure que si un vrai besoin se manifeste.


Ce qu’il faut avant de commencer

  • Un compte Dropbox (il peut être gratuit, 2 Go suffisent largement pour des notes texte)
  • Dropbox Desktop installé sur le PC Windows
  • Dropbox installé sur le PC linux (ce n’était pas mon cas, la synchronisation ne se fait pas)
  • Environ 30 minutes pour l’ensemble de l’installation

Étape 1 – Installation Windows et création du vault dans Dropbox

Télécharge Obsidian depuis obsidian.md//download et installe-le normalement.

Au premier lancement, Obsidian propose de créer un vault (coffre). C’est le dossier qui contiendra toutes vos notes. Point crucial : place ce vault directement dans ton dossier Dropbox local.

Sur mon installation, le vault se trouve dans D:\Dropbox\OBSIDIAN\obsidian-vault.

Vérifie ensuite que Dropbox synchronise bien le dossier – l’icône Dropbox dans la barre des tâches doit indiquer une synchronisation en cours puis un statut « à jour ».


Étape 2 – Plugin Remotely Save – configuration et authentification Dropbox

Remotely Save est le plugin qui va gérer la synchronisation entre tes appareils via Dropbox. Il est gratuit pour Dropbox (attention : Google Drive est une fonctionnalité payante dans ce plugin).

Pour l’installer :

  1. Paramètres > Modules complémentaires > activer les plugins communautaires
  2. Parcourir > rechercher « Remotely Save » > Installer > Activer
  3. Dans les réglages du plugin : choisir Dropbox comme service
  4. Cliquer sur Authentifier et autoriser l’accès à votre compte Dropbox
  5. Tester une première synchronisation manuelle avec l’icône de synchronisation en bas à gauche

Le vault se retrouve alors dans un dossier OBSIDIAN dans ta Dropbox. On peut vérifier directement sur dropbox.com.


Étape 3 – Installation Android et première synchronisation

Installe Obsidian depuis le Play Store.

Au premier lancement, crée un vault avec le même nom que sur Windows. Pour le stockage, choisis « Stockage de l’application ».

Installe ensuite Remotely Save depuis les modules complémentaires (même procédure que sur Windows), configure Dropbox, authentifie-toi.

Lance une première synchronisation manuelle – toutes les notes créées sur Windows apparaissent sur le téléphone, et inversement.


Étape 4 – Installation Linux – cas particulier et limites

Sur Ubuntu, Obsidian est disponible directement dans l’App Center. Installation en un clic, aucune ligne de commande nécessaire.

La synchronisation est plus complexe sur Linux car Dropbox Desktop n’est pas installé sur ma machine. J’ai installé Remotely Save et configuré Dropbox, mais sans Dropbox Desktop local, le vault Linux reste isolé des autres appareils.

Ma décision : ne pas installer Dropbox sur Linux pour l’instant, car mon usage Linux d’Obsidian est incertain. Si le besoin se confirme, j’installerai Dropbox Desktop Linux.

Ce que j’ai appris en passant : les installations en container (Docker) n’ont pas de sens pour une application graphique comme Obsidian. Docker est fait pour des services auxquels on accède à distance, pas pour des interfaces utilisateur.


Étape 5 – Synchronisation automatique – les réglages essentiels

Par défaut, Remotely Save ne synchronise que manuellement. Pour automatiser, voici les réglages à faire sur chaque appareil séparément :

Paramètres > Modules complémentaires > Remotely Save > icône engrenage :

  • Synchroniser au démarrage de l’application : activer
  • Synchroniser toutes les X minutes : activer, régler sur 5 (minutes)
  • Synchroniser à la fermeture de l’application : activer si disponible

Ces réglages sont à répliquer sur chaque appareil. Une fois fait, la synchronisation se déclenche automatiquement sans aucune action manuelle.


Premiers pas – notes quotidiennes et veille

Pour apprendre à écrire en markdown, tu peut utiliser cette fiche, d’un dépôt GitHub.

Pour démarrer simplement, la fonction Notes quotidiennes est idéale. Elle crée automatiquement une note par jour avec la date comme titre.

Pour l’activer : Paramètres > Modules principaux > Notes quotidiennes > activer.

L’icône calendrier dans la barre latérale gauche ouvre la note du jour en un clic. tu y notes ce que tu veux sans te poser de questions d’organisation.

Pour la veille, deux approches simples :

  • Coller les URLs directement dans la note quotidienne avec un mot de contexte
  • Créer une note dédiée par thème (exemple : « Veille IA ») pour les liens que vous voulez retrouver facilement

Mon conseil : résiste à la tentation dde structurer avant d’avoir des notes à organiser. Obsidian peut devenir très complexe très vite – commence simple.


Ce que j’ai retenu de cette installation

Remotely Save + Dropbox est la combinaison gratuite et fiable pour synchroniser Obsidian sur plusieurs appareils. Google Drive aurait été plus naturel pour moi mais c’est une fonctionnalité payante dans ce plugin.

Le vault placé directement dans Dropbox sur Windows fonctionne sans friction. Sur Android, le plugin Remotely Save fait tout le travail. Sur Linux, la synchronisation nécessite Dropbox Desktop – à installer si l’usage se confirme.

La synchronisation automatique toutes les 5 minutes est un bon équilibre entre réactivité et consommation batterie sur mobile.


Cet article fait partie de ma démarche de capitalisation des compétences acquises. Si tu as des questions ou des retours sur cette installation, les commentaires sont ouverts.

Restauration de containers Docker avec Rclone

Restauration de containers Docker avec Rclone

Article de la série « Mon ordinateur Ubuntu » À lire après : Sauvegarder ses containers Docker automatiquement avec Rclone vers Google Drive.
Actions et articles créés avec l’aide de Claude.ai. 100% testé et ajusté par moi.


La sauvegarde automatique mise en place dans l’article précédent ne vaut que si on sait s’en servir le jour où on en a besoin. Cet article décrit la procédure complète de restauration d’un container Docker depuis une sauvegarde Google Drive – testée sur Stirling PDF, Nginx Proxy Manager et Portainer.

Avant de commencer : vérifie que tu as bien une sauvegarde récente dans Google Drive. La commande suivante liste les dates disponibles :

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf lsd "gdrive:/daily"

Note la date de la sauvegarde que tu veux restaurer – tu en auras besoin à l’étape 4.


Vue d’ensemble de la procédure

  1. Noter l’état actuel du container (point de comparaison)
  2. Arrêter et supprimer le container
  3. Renommer le dossier local (précaution de sécurité)
  4. Restaurer les fichiers depuis Google Drive
  5. Relancer le container
  6. Vérifier que tout fonctionne

Nota : dans tout ce qui suit, tu remplaceras USER par ton nom d’utilisateur linux.


Procédure standard (Stirling PDF et containers similaires)

Étape 1 – Noter l’état actuel

Avant de toucher quoi que ce soit, note les éléments qui te permettront de vérifier que la restauration a bien fonctionné :

  • les réglages personnalisés du logiciel (utilisateurs, mots de passe, configuration)
  • les favoris, l’historique, tout ce qui est propre à ton usage

Vérifie l’empreinte des fichiers locaux actuels :

ls -la /home/USER/docker/nom-du-logiciel/

pour chaque sous-dossier :

ls -la /home/USER/docker/nom-du-logiciel/sous-dossier/

Vérifie aussi, pour chaque sous-dossier également, que la sauvegarde Drive contient bien les fichiers critiques et que leurs tailles correspondent :

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf ls "gdrive:/daily/YYYY-MM-DD/nom-du-logiciel/sous-dossier/"

Les tailles en octets doivent correspondre à celles des fichiers locaux. Ce qui importe c’est que les fichiers principaux (base de données, configuration) soient de taille identique – pas besoin de vérifier les logs. Si c’est le cas, tu peux continuer en confiance.

Étape 2 – Arrêter et supprimer le container dans Portainer

Si tu restaure Portainer, va voir le cas particulier plus bas.

Depuis ton navigateur, ouvre Portainer :

  1. Va dans Stacks dans le menu de gauche
  2. Clique sur la stack du logiciel à restaurer
  3. Clique sur Stop puis sur Delete this stack
  4. Confirme la suppression

Le logiciel n’est plus accessible. C’est normal, on va le reconstruire depuis la sauvegarde.

Étape 3 – Renommer le dossier local (précaution)

Plutôt que de supprimer définitivement le dossier local, on le renomme. Si quelque chose se passe mal pendant la restauration, on peut revenir en arrière immédiatement.

mv /home/USER/docker/nom-du-logiciel /home/USER/docker/nom-du-logiciel-BACKUP-TEST

Vérifie que le dossier original n’existe plus :

ls /home/USER/docker/

Tu dois voir nom-du-logiciel-BACKUP-TEST mais plus nom-du-logiciel.

Étape 4 – Restaurer les fichiers depuis Google Drive

Crée un nouveau dossier vide :

mkdir -p /home/USER/docker/nom-du-logiciel

Puis copie les fichiers depuis la sauvegarde Drive. Note bien les guillemets autour du chemin Drive – ils évitent tout problème d’interprétation :

Si tu restaures Nginx Proxy Manager, va voir le cas particulier plus bas.

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf copy "gdrive:/daily/YYYY-MM-DD/nom-du-logiciel" /home/USER/docker/nom-du-logiciel

La commande ne retourne rien dans le terminal pendant qu’elle travaille – c’est normal. Pour surveiller la progression dans un second terminal :

watch -n 5 ls -la /home/USER/docker/nom-du-logiciel/

Les sous-dossiers apparaissent progressivement. Quitte avec Ctrl+C quand c’est terminé.

Une fois la copie terminée, vérifie que les fichiers critiques sont bien là et ont la bonne taille :

ls -la /home/USER/docker/nom-du-logiciel/configs/

Étape 5 – Relancer le container dans Portainer

Si tu restaure Portainer, va voir le cas particulier plus bas.

Le fichier docker-compose.yml a été restauré avec les données. Affiche son contenu :

cat /home/USER/docker/nom-du-logiciel/docker-compose.yml

Puis dans Portainer :

  1. Va dans Stacks – clique sur + Add stack
  2. Donne le même nom qu’avant à la stack (le nom du répertoire)
  3. Dans l’éditeur Web editor, colle le contenu du docker-compose.yml
  4. Clique sur Deploy the stack

Portainer va télécharger l’image Docker si nécessaire et démarrer le container.

Étape 6 – Vérifier que tout fonctionne

Ouvre le logiciel dans ton navigateur et vérifie :

  • que tu peux te connecter avec ton compte habituel
  • que tes réglages personnalisés sont bien présents (utilisateurs, configuration, favoris)
  • que les données sont intactes

Si tout est conforme à ce que tu avais noté à l’étape 1, la restauration est réussie.

Nettoyage après un test réussi

Une fois que tu as confirmé que la restauration fonctionne parfaitement, supprime le dossier de sauvegarde temporaire :

rm -rf /home/USER/docker/nom-du-logiciel-BACKUP-TEST

Cas particulier – Nginx Proxy Manager

NPM contient des données critiques : tes certificats Let’s Encrypt et ta configuration de proxy. La procédure standard s’applique, avec deux différences importantes.

Différence 1 – commande de restauration

Les certificats Let’s Encrypt dans letsencrypt/live/ sont des liens symboliques (symlinks) qui pointent vers les vrais fichiers dans letsencrypt/archive/. Sans l’option --copy-links, rclone refuse de les copier et la restauration échoue au démarrage avec l’erreur cannot load certificate.

La commande de restauration doit donc inclure --copy-links :

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf copy --copy-links "gdrive:/daily/YYYY-MM-DD/nginx-proxy-manager" /home/USER/docker/nginx-proxy-manager

Différence 2 – vérification après restauration

En plus des vérifications habituelles, vérifie :

  • que tes proxy hosts sont bien présents dans l’interface NPM
  • que le cadenas vert s’affiche sur pdf.DOMAINE.com (certificat SSL actif)

Si les certificats ont expiré pendant une longue interruption, NPM les renouvellera automatiquement au redémarrage.


Cas particulier – Portainer

Portainer est un cas spécial car il s’auto-gère. On ne peut pas le restaurer depuis son propre interface puisqu’il sera arrêté pendant la procédure. Toute la restauration se fait en ligne de commande.

1 – Noter l’état actuel

ls -la /home/USER/docker/portainer/
ls -la /home/USER/docker/portainer/data/

Vérifie que la sauvegarde contient bien les fichiers critiques :

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf ls "gdrive:/daily/YYYY-MM-DD/portainer/data/"

Tu dois voir portainer.db, portainer.key et portainer.pub avec des tailles cohérentes.

2 – Arrêter et supprimer Portainer en ligne de commande

docker stop portainer
docker rm portainer

Vérifie que le container n’existe plus :

docker ps -a | grep portainer

La commande ne doit rien retourner.

3 – Renommer le dossier local

mv /home/USER/docker/portainer /home/USER/docker/portainer-BACKUP-TEST

Vérifie :

ls /home/USER/docker/

Tu dois voir portainer-BACKUP-TEST mais plus portainer.

4 – Restaurer les fichiers depuis Google Drive

mkdir -p /home/USER/docker/portainer
sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf copy "gdrive:/daily/YYYY-MM-DD/portainer" /home/USER/docker/portainer

Surveille la progression :

watch -n 5 ls -la /home/USER/docker/portainer/

5 – Redonner les droits root et relancer Portainer

Les fichiers dans portainer/data/ doivent appartenir à root – Portainer les gère en root et refuse de démarrer autrement. C’est une étape indispensable après restauration :

sudo chown -R root:root /home/USER/docker/portainer/data

Puis relance Portainer directement en ligne de commande :

docker run -d \
  -p 9443:9443 \
  --name portainer \
  --restart=always \
  -v /var/run/docker.sock:/var/run/docker.sock \
  -v /home/USER/docker/portainer/data:/data \
  portainer/portainer-ce:latest

6 – Vérifier que tout fonctionne

Ouvre Portainer dans ton navigateur (https://[IP-DU-BEELINK]:9443).

Si Portainer retrouve ton tableau de bord habituel sans te demander de créer un nouveau mot de passe, la restauration est réussie. Vérifie que tes stacks sont bien présentes dans l’onglet Stacks.

Nettoyage

rm -rf /home/USER/docker/portainer-BACKUP-TEST

En cas de problème

Le logiciel démarre mais ne retrouve pas les données Vérifie que les chemins dans le docker-compose.yml correspondent bien aux dossiers restaurés. Un chemin mal copié suffit à pointer vers un dossier vide.

« Can’t follow symlink without -L/–copy-links » Ce message apparaît lors de la restauration de NPM. Ajoute --copy-links à la commande rclone de restauration – voir la section NPM ci-dessus.

« Permission denied » au démarrage du container Les fichiers restaurés par Rclone appartiennent à USER, mais certains containers ont besoin que leurs dossiers appartiennent à root. C’est systématiquement le cas pour Portainer. Tape :

sudo chown -R root:root /home/USER/docker/nom-du-logiciel/sous-dossier

Puis redémarre la stack dans Portainer.

Portainer affiche « New Portainer installation » Les fichiers de données n’ont pas les bons droits après restauration. Arrête le container, refais sudo chown -R root:root /home/USER/docker/portainer/data, puis relance avec docker run.

Tu veux restaurer une version plus ancienne Remplace simplement YYYY-MM-DD par la date souhaitée dans la commande de l’étape 4. Les sauvegardes hebdomadaires sont dans gdrive:/weekly/YYYY-Wxx/ et les mensuelles dans gdrive:/monthly/YYYY-MM/.


Dans le prochain article

Maintenant que la sauvegarde et la restauration sont opérationnelles et testées, on verra comment installer un nouveau container en suivant dès le départ les bonnes pratiques – sans avoir à corriger la configuration après coup.

Sauvegarder ses containers Docker automatiquement avec Rclone

Sauvegarder ses containers Docker automatiquement avec Rclone

Article de la série « Mon ordinateur Ubuntu ». À lire après : Docker (et Portainer) – regrouper les données

Pour information, je me suis aidée de Claude.ai pour réaliser ces actions et rédiger l’article.


Maintenant que tous les fichiers importants de mes containers Docker sont regroupés dans /home/USER/docker/, je peux mettre en place une sauvegarde automatique vers Google Drive. C’est l’objectif de cet article.

J’utilise Rclone, un outil en ligne de commande qui synchronise des dossiers locaux vers des dizaines de services cloud. Couplé à un script bash et au planificateur cron, il permet d’automatiser complètement les sauvegardes, sans intervention manuelle.


La stratégie de rétention Grand-Père / Père / Fils

Plutôt qu’une simple copie quotidienne qui s’écrase, j’ai mis en place une stratégie de rétention appelée Grand-Père / Père / Fils (GFF) :

  • les sauvegardes quotidiennes sont conservées 7 jours
  • une sauvegarde hebdomadaire est créée chaque dimanche et conservée 4 semaines
  • une sauvegarde mensuelle est créée le 1er de chaque mois et conservée 12 mois
  • une sauvegarde annuelle est créée le 1er janvier et conservée indéfiniment

Rclone ne gère pas cette logique nativement. C’est le script bash qui s’en charge.


Ce que tu auras dans Google Drive au bout de quelques semaines

sauvegardes-beelink/
├── daily/
│   ├── 2026-05-01/
│   │   ├── stirling-pdf/
│   │   ├── nginx-proxy-manager/
│   │   └── portainer/
│   ├── 2026-05-02/
│   └── ...  (7 jours maximum)
├── weekly/
│   ├── 2026-W18/
│   └── ...  (4 semaines maximum)
├── monthly/
│   ├── 2026-05/
│   └── ...  (12 mois maximum)
└── yearly/
    └── 2026/  (conservé indéfiniment)

Nota : dans tout ce qui suit, il faut remplacer USER par ton nom d’utilisateur Linux


Étape 1 – Préparer un dossier dédié dans Google Drive

Depuis ton navigateur, va dans Google Drive et crée un dossier appelé sauvegardes-beelink. Ouvre ce dossier et regarde l’URL :

https://drive.google.com/drive/folders/1ABC123xyz456DEF789

La partie après /folders/ est l’ID du dossier. Copie-la et garde-la de côté.

En indiquant cet ID à Rclone, il ne verra que ce dossier et rien d’autre de ton Drive – c’est plus propre et plus sûr.


Étape 2 – Installer Rclone

Sur le Beelink, ouvre un terminal :

sudo apt install rclone

Vérifie l’installation :

rclone version

Tu dois voir quelque chose comme rclone v1.xx.x.


Étape 3 – Connecter Rclone à Google Drive

Lance la configuration interactive :

rclone config

Suis ces étapes dans le menu :

n                        → nouveau remote
Nom : gdrive
Type : drive             → tape le numéro correspondant à "Google Drive"
client_id :              → laisse vide, Entrée
client_secret :          → laisse vide, Entrée
scope : 1                → accès complet à Drive
Edit advanced config : y → on répond oui pour pouvoir renseigner root_folder_id
                           laisser tout vide sauf :
   root_folder_id :      → colle ici l'ID copié à l'étape 1
                           laisser tout le reste vide, Entrée à chaque fois
Edit advanced config : n → la question est reposée, on répond non cette fois
Use auto config : y      → ou n si tu es en SSH depuis Windows

Si tu travailles directement sur le Beelink (avec écran et clavier) :

Use auto config : y

Un navigateur s’ouvre – connecte-toi à Google et autorise Rclone.

Si tu travailles depuis ton PC Windows en SSH :

Use auto config : n

Rclone te donne une URL. Ouvre-la dans ton navigateur Windows, autorise l’accès, et colle le code retourné dans le terminal.

Puis dans les deux cas :

Configure this as a Shared Drive : n
OK → y

Vérifier la connexion

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf lsd gdrive:

Si la commande retourne le contenu de ton dossier Drive (ou rien si le dossier est vide), la connexion est établie. Rclone ne voit que ce dossier – rien d’autre de ton Drive.


Étape 4 – Configurer sudo sans mot de passe pour Rclone

Portainer et Nginx Proxy Manager écrivent leurs fichiers en root à l’intérieur du container. Pour que Rclone puisse les lire, il doit s’exécuter avec sudo – y compris quand cron lance le script automatiquement la nuit, sans session interactive.

Note : selon ta configuration Ubuntu, cette étape peut ne pas être nécessaire. Si tu viens de taper ton mot de passe sudo, il est en cache pour quelques minutes. Pour être sûr que cron fonctionnera la nuit sans session ouverte, configure cette règle dans tous les cas.

sudo visudo

Ajoute cette ligne tout en bas :

USER ALL=(ALL) NOPASSWD: /usr/bin/rclone

Sauvegarde avec Ctrl+O puis quitte avec Ctrl+X.

Attention avec visudo : ne ferme jamais le fichier directement avec Ctrl+X sans avoir d’abord sauvegardé avec Ctrl+O. visudo valide la syntaxe avant d’enregistrer – une faute de frappe dans ce fichier pourrait te bloquer hors de sudo.


Étape 5 – Créer le token API Portainer

Le script de sauvegarde interroge l’API Portainer avant chaque sauvegarde pour exporter automatiquement le docker-compose.yml de chaque stack dans son dossier. Ainsi la sauvegarde contient toujours le YAML exact et à jour.

Pour cela il faut créer un token d’accès dans Portainer :

  1. Ouvre Portainer dans ton navigateur
  2. Clique sur ton nom d’utilisateur en haut à droite
  3. Clique sur My account
  4. Descends jusqu’à la section Access tokens
  5. Clique sur Add access token
  6. Donne-lui un nom : backup-script
  7. Copie immédiatement le token affiché – il ne sera plus visible ensuite

Stocke ce token dans un fichier protégé :

echo "ptr_TONTOKEN" > /home/USER/scripts/.portainer-token
chmod 600 /home/USER/scripts/.portainer-token

Le chmod 600 garantit que seul USER peut lire ce fichier.


Étape 6 – Créer le script de sauvegarde

Crée d’abord le dossier scripts s’il n’existe pas :

mkdir -p /home/USER/scripts

Puis crée le script :

nano /home/USER/scripts/backup-docker.sh

Colle ce contenu (remplace USER par ton nom d’utilisateur Linux) :

#!/bin/bash

# ═══════════════════════════════════════════════════════════════
# backup-docker.sh - Sauvegarde Docker vers Google Drive
# Stratégie Grand-Père / Père / Fils
# ═══════════════════════════════════════════════════════════════

# -- Configuration ────────────────────────────────────────────────
SOURCE="/home/USER/docker"
REMOTE="gdrive:"
LOG="/home/USER/scripts/backup-docker.log"
RCLONE_CONF="/home/USER/.config/rclone/rclone.conf"
PORTAINER_URL="https://192.168.86.101:9443"
PORTAINER_TOKEN=$(cat /home/USER/scripts/.portainer-token)
DATE=$(date +%Y-%m-%d)
DAY=$(date +%u)     # 1=lundi ... 7=dimanche
DOM=$(date +%d)     # jour du mois (01-31)
MONTH=$(date +%m)   # mois (01-12)

# -- Fonction de log ──────────────────────────────────────────────
log() {
    echo "[$(date '+%Y-%m-%d %H:%M:%S')] $1" >> "$LOG"
}

# -- Commande rclone de base ──────────────────────────────────────
# sudo : nécessaire pour lire les fichiers root (Portainer, NPM)
# --config : pointe vers la config de USER
# --log-file : écrit les détails dans le fichier log
# --links : copie les liens symboliques comme de vrais fichiers
#           indispensable pour les certificats Let's Encrypt de NPM
#           dont live/npm-1/ ne contient que des symlinks vers archive/
# Important : ne pas ajouter --log-level, incompatible avec --log-file
RCLONE="sudo rclone --config $RCLONE_CONF --log-file=$LOG --links"

log "=== Début sauvegarde ==="

# -- Export automatique des YAML depuis l'API Portainer ───────────
# Récupère le YAML de chaque stack et l'écrit dans le dossier du logiciel.
# Ainsi la sauvegarde contient toujours le YAML exact et à jour.
log "Export des YAML depuis Portainer..."

STACKS_JSON=$(curl -sk \
    -H "X-API-Key: $PORTAINER_TOKEN" \
    "$PORTAINER_URL/api/stacks")

if [ -z "$STACKS_JSON" ] || [ "$STACKS_JSON" = "null" ]; then
    log "ERREUR : impossible de contacter l'API Portainer - les YAML ne seront pas mis à jour."
else
    STACK_COUNT=$(echo "$STACKS_JSON" | python3 -c "
import sys, json
stacks = json.load(sys.stdin)
print(len(stacks))
" 2>/dev/null)

    log "$STACK_COUNT stack(s) trouvée(s) dans Portainer."

    echo "$STACKS_JSON" | python3 -c "
import sys, json
stacks = json.load(sys.stdin)
for s in stacks:
    print(s['Id'], s['Name'])
" 2>/dev/null | while read stack_id stack_name; do

        YAML_CONTENT=$(curl -sk \
            -H "X-API-Key: $PORTAINER_TOKEN" \
            "$PORTAINER_URL/api/stacks/$stack_id/file" \
            | python3 -c "
import sys, json
data = json.load(sys.stdin)
print(data.get('StackFileContent', ''))
" 2>/dev/null)

        if [ -n "$YAML_CONTENT" ]; then
            DEST="$SOURCE/$stack_name/docker-compose.yml"
            mkdir -p "$SOURCE/$stack_name"
            echo "$YAML_CONTENT" > "$DEST"
            log "YAML exporté : $stack_name/docker-compose.yml"
        else
            log "ATTENTION : YAML vide ou inaccessible pour la stack $stack_name"
        fi
    done
fi

# -- Vérification des docker-compose.yml manquants ────────────────
# Portainer lui-même ne figure pas dans les stacks - son docker-compose.yml
# doit être créé manuellement une fois (voir article sur le regroupement).
# Le script signale dans le log tout dossier sans docker-compose.yml.
log "Vérification des docker-compose.yml..."
for dir in "$SOURCE"/*/; do
    logiciel=$(basename "$dir")
    compose="$dir/docker-compose.yml"
    if [ ! -f "$compose" ]; then
        log "ATTENTION : docker-compose.yml manquant dans $logiciel - à créer manuellement !"
    fi
done

# -- Sauvegarde quotidienne ───────────────────────────────────────
log "Copie vers daily/$DATE..."
$RCLONE copy "$SOURCE" "$REMOTE/daily/$DATE"

# -- Sauvegarde hebdomadaire (chaque dimanche) ────────────────────
if [ "$DAY" -eq 7 ]; then
    WEEK=$(date +%Y-W%V)
    log "Dimanche : création sauvegarde hebdomadaire $WEEK"
    $RCLONE copy "$REMOTE/daily/$DATE" "$REMOTE/weekly/$WEEK"
fi

# -- Sauvegarde mensuelle (le 1er de chaque mois) ─────────────────
if [ "$DOM" -eq 01 ]; then
    YEARMONTH=$(date +%Y-%m)
    log "1er du mois : création sauvegarde mensuelle $YEARMONTH"
    $RCLONE copy "$REMOTE/daily/$DATE" "$REMOTE/monthly/$YEARMONTH"
fi

# -- Sauvegarde annuelle (le 1er janvier) ─────────────────────────
if [ "$DOM" -eq 01 ] && [ "$MONTH" -eq 01 ]; then
    YEAR=$(date +%Y)
    log "1er janvier : création sauvegarde annuelle $YEAR"
    $RCLONE copy "$REMOTE/daily/$DATE" "$REMOTE/yearly/$YEAR"
fi

# -- Nettoyage des anciennes sauvegardes sur Drive ────────────────

# Quotidiennes : on garde 7 jours
log "Nettoyage daily > 7 jours..."
$RCLONE delete "$REMOTE/daily" --min-age 7d 2>/dev/null
$RCLONE rmdirs "$REMOTE/daily" 2>/dev/null

# Hebdomadaires : on garde 4 semaines
if sudo rclone --config "$RCLONE_CONF" lsd "$REMOTE/weekly" > /dev/null 2>&1; then
    log "Nettoyage weekly > 28 jours..."
    $RCLONE delete "$REMOTE/weekly" --min-age 28d
    $RCLONE rmdirs "$REMOTE/weekly"
else
    log "Dossier weekly inexistant sur Drive, nettoyage ignoré."
fi

# Mensuelles : on garde 12 mois
if sudo rclone --config "$RCLONE_CONF" lsd "$REMOTE/monthly" > /dev/null 2>&1; then
    log "Nettoyage monthly > 365 jours..."
    $RCLONE delete "$REMOTE/monthly" --min-age 365d
    $RCLONE rmdirs "$REMOTE/monthly"
else
    log "Dossier monthly inexistant sur Drive, nettoyage ignoré."
fi

# Annuelles : conservées indéfiniment, pas de nettoyage automatique

log "=== Sauvegarde terminée ==="

Sauvegarde avec Ctrl+O puis quitte avec Ctrl+X.

Rends le script exécutable :

chmod +x /home/USER/scripts/backup-docker.sh

Étape 7 – Tester manuellement

Avant d’automatiser, lance le script à la main :

/home/USER/scripts/backup-docker.sh

La copie prend plusieurs minutes selon la taille de tes données. C’est normal et rassurant – si ça se termine en moins de 5 secondes, c’est qu’il y a un problème (voir encart erreurs fréquentes ci-dessous).

Vérifie ensuite le log :

tail -30 /home/USER/scripts/backup-docker.log

Tu dois voir dans l’ordre :

  • les YAML exportés pour chaque stack
  • === Sauvegarde terminée === sans aucune ligne ERROR ou ATTENTION

Et dans Google Drive, le dossier daily/YYYY-MM-DD/ doit contenir les trois sous-dossiers stirling-pdf, nginx-proxy-manager et portainer.

Pour vérifier l’absence d’erreurs d’un coup :

grep -i error /home/USER/scripts/backup-docker.log

Si la commande ne retourne rien, tout est propre.


Étape 8 – Automatiser avec cron

cron est le planificateur de tâches de Linux. Ouvre-le :

crontab -e

Si c’est la première fois, choisis nano (option 1). Ajoute cette ligne tout en bas :

0 3 * * * /home/USER/scripts/backup-docker.sh

Cela lance le script tous les jours à 3h du matin. Assure-toi que le Beelink est allumé à cette heure. Sauvegarde avec Ctrl+O puis quitte avec Ctrl+X.

Vérifie que cron a bien enregistré :

crontab -l

Comment vérifier que la sauvegarde automatique a bien tourné

Le lendemain matin, consulte la fin du log :

tail -20 /home/USER/scripts/backup-docker.log

La dernière entrée doit être datée de cette nuit avec === Sauvegarde terminée ===.


Déboguer une sauvegarde qui ne fonctionne pas

Si le log montre une sauvegarde terminée en moins de 5 secondes sans aucune ligne de copie de fichiers, c’est le signe que rclone s’est lancé mais n’a rien fait – souvent à cause d’une erreur silencieuse au démarrage.

La méthode pour diagnostiquer : lance rclone directement en ligne de commande et observe ce qui se passe :

sudo rclone --config /home/USER/.config/rclone/rclone.conf lsd gdrive:

Si cette commande fonctionne, la connexion Drive est bonne. Si elle échoue, le problème est dans la config rclone ou le token Google.

Ensuite relance le script manuellement et surveille le log en temps réel dans un second terminal :

tail -f /home/USER/scripts/backup-docker.log

Erreurs fréquentes

La sauvegarde se termine en moins de 5 secondes Rclone a rencontré une erreur dès le départ et n’a rien copié, mais le script bash a continué jusqu’à la fin. Cause la plus fréquente : un conflit d’options ou un token Google Drive expiré. Diagnostique avec la commande lsd décrite ci-dessus.

« Can’t set -v and –log-level » Ce message apparaît si tu utilises à la fois --verbose et --log-level dans la même commande rclone. Les deux options sont incompatibles. Solution : n’utilise que --log-file sans --log-level – c’est ce que fait le script ci-dessus.

« Can’t follow symlink without -L/–copy-links » Ce message apparaît lors d’une restauration de Nginx Proxy Manager. Les certificats Let’s Encrypt dans letsencrypt/live/ sont des liens symboliques. Lors de la restauration, ajoute --copy-links à la commande rclone. La sauvegarde elle-même est correcte car le script utilise --links.

« Permission denied » sur les fichiers de Portainer ou NPM Ces containers écrivent leurs fichiers en root. Rclone doit s’exécuter avec sudo pour les lire. Vérifie que la ligne NOPASSWD est bien présente dans sudoers (étape 4), et que le chemin /usr/bin/rclone est correct sur ton système (which rclone pour le vérifier).

« Permission denied » lors de l’export du YAML Le fichier docker-compose.yml dans le dossier du logiciel appartient à root (créé avec sudo). Corrige les droits :

sudo chown USER:USER /home/USER/docker/nom-du-logiciel/docker-compose.yml

Le dossier weekly ou monthly n’apparaît pas C’est normal les premières semaines et les premiers mois. weekly se crée le premier dimanche après la mise en place, monthly le 1er du mois suivant. Le script vérifie leur existence avant de tenter un nettoyage – pas d’erreur à attendre.

Cron ne lance pas le script Vérifie que le service cron tourne : systemctl status cron. S’il est inactif : sudo systemctl enable cron && sudo systemctl start cron. Vérifie aussi que le script est bien exécutable : ls -la /home/USER/scripts/backup-docker.sh doit afficher -rwxr-xr-x.


Dans le prochain article

On verra comment restaurer un container depuis une sauvegarde Google Drive – c’est-à-dire utiliser concrètement tout ce qu’on vient de mettre en place.

Docker (et Portainer) : regrouper les données

Docker (et Portainer) : regrouper les données

Article de la série « Mon ordinateur Ubuntu »


J’ai expliqué dans des articles précédents comment j’ai installé des logiciels sous forme de containers Docker sur mon ordinateur Linux. Je veux maintenant pouvoir les sauvegarder automatiquement dans le cloud. Pour cela, il faut d’abord que je sache où sont stockés les fichiers essentiels — et surtout que je les regroupe tous au même endroit..

Pourquoi regrouper les données ?

Si on voit les containers comme des maisons, le fichier YAML (docker-compose.yml) est le plan de construction, mais il ne contient pas les habitants ni les meubles. Pour chaque container, il faut pouvoir localiser :

  • Le docker-compose.yml : c’est le plan de l’architecte. Si la maison brûle, le plan permet de reconstruire exactement la même structure.
  • Les volumes (les dossiers sur le Beelink) : ce sont tes meubles, tes photos et tes souvenirs. Si tu reconstruis la maison avec le plan mais que tu n’as plus tes meubles, la maison est vide.

Pour Stirling PDF ce n’est pas très grave de perdre les volumes car rien n’y est stocké de façon critique. Mais pour Portainer, ce serait une catastrophe : le fichier YAML réinstallera le logiciel, mais tu perdras toutes tes stacks, l’historique de tes containers et tes réglages utilisateurs.

L’objectif est donc de tout regrouper dans /home/USER/docker/nom-du-logiciel/ : le docker-compose.yml ET les dossiers de données, pour pouvoir tout sauvegarder d’un seul coup.

Pour toute nouvelle installation, suis la checklist PDF qui résume les 4 étapes à suivre avant de cliquer sur Deploy. Cet article explique comment corriger des installations existantes qui n’ont pas suivi cette discipline dès le départ.

Comment contraindre Docker à utiliser un répertoire spécifique ?

Par défaut, quand on utilise des « named volumes » dans le YAML, Docker stocke les données dans un dossier système caché et protégé – invisible depuis Portainer et inaccessible facilement. Il faut remplacer ces named volumes par des chemins absolus pointant vers ton dossier personnel.

La procédure est différente selon que le container est nouveau ou qu’il tourne déjà.

Cas 1 – Nouveau container (pas encore installé)

Étape 1 – Identifier les volumes dans la documentation

Va sur la page Docker Hub du logiciel et cherche la section « Volumes » ou « Mounts ». Elle liste les chemins internes du container – ce sont eux que tu vas « brancher » sur ton Beelink. Note-les avant de créer la stack.

Étape 2 – Créer les dossiers sur le Beelink

mkdir -p /home/USER/docker/nom-du-logiciel/sous-dossier1
mkdir -p /home/USER/docker/nom-du-logiciel/sous-dossier2

Tu Tu crées autant de dossiers que de volumes nécessaires. Et tu choisis librement leurs noms. Ce qui compte c’est que le YAML pointe ensuite vers ces mêmes dossiers.

Étape 3 – Écrire le YAML directement avec les chemins absolus

Dans l’éditeur de Stack Portainer, écris les volumes avec les chemins complets dès le départ :

volumes:
  - /home/USER/docker/nom-du-logiciel/sous-dossier1:/chemin/interne1
  - /home/USER/docker/nom-du-logiciel/sous-dossier2:/chemin/interne2

Pas de named volumes, pas de section volumes: en bas du fichier. Clique sur Deploy the stack.


Cas 2 – Container existant avec des named volumes

C’est la situation dans laquelle je me trouvais avec Stirling PDF et Nginx Proxy Manager – installés avant que je connaisse cette bonne pratique.

Étape 1 – Lire le YAML dans Portainer

Va dans Portainer – Stacks – nom de la stack – Editor. Tu vois quelque chose comme :

volumes:
  - stirling_trainingData:/usr/share/tesseract-ocr/5/tessdata
  - stirling_extraConfigs:/configs
  - stirling_customFiles:/customFiles
  - stirling_logs:/logs

Chaque ligne te donne deux informations :

  • à gauche du : : le nom du named volume (ex: stirling_trainingData)
  • à droite du : : le chemin interne du container (ex: /usr/share/tesseract-ocr/5/tessdata)

Étape 2 – Localiser les données sur le disque

Les named volumes sont stockés dans /var/lib/docker/volumes/. Le chemin complet se construit selon cette règle :

/var/lib/docker/volumes/ + [nom de la stack] + "_" + [nom du volume] + /_data/.

Pour vérifier les noms exacts avant de copier :

sudo ls /var/lib/docker/volumes/ | grep nom-de-la-stack

Pour Stirling PDF (stack nommée stirling-pdf), la correspondance est la suivante :

Nom dans le YAMLDossier dans /var/lib/docker/volumes/Dossier local à créer
stirling_trainingDatastirling-pdf_stirling_trainingData/_data/trainingData/
stirling_extraConfigsstirling-pdf_stirling_extraConfigs/_data/configs/
stirling_customFilesstirling-pdf_stirling_customFiles/_data/customFiles/
stirling_logsstirling-pdf_stirling_logs/_data/logs/

Tu choisis librement les noms des dossiers locaux – ce qui compte c’est la cohérence avec ce que tu écriras dans le YAML à l’étape 4.

Étape 3 – Créer les dossiers et migrer les données

Crée les dossiers de destination :

mkdir -p /home/USER/docker/stirling-pdf/{trainingData,configs,customFiles,logs}

Arrête le container depuis Portainer (Stop), puis copie les données :

# Le /. à la fin copie le contenu du dossier, pas le dossier lui-même
sudo cp -r /var/lib/docker/volumes/stirling-pdf_stirling_trainingData/_data/. /home/USER/docker/stirling-pdf/trainingData/
sudo cp -r /var/lib/docker/volumes/stirling-pdf_stirling_extraConfigs/_data/. /home/USER/docker/stirling-pdf/configs/
sudo cp -r /var/lib/docker/volumes/stirling-pdf_stirling_customFiles/_data/. /home/USER/docker/stirling-pdf/customFiles/
sudo cp -r /var/lib/docker/volumes/stirling-pdf_stirling_logs/_data/. /home/USER/docker/stirling-pdf/logs/

# Redonne les droits à ton utilisateur
sudo chown -R USER:USER /home/USER/docker/stirling-pdf

Étape 4 – Modifier le YAML dans Portainer

Dans l’éditeur de Stack, remplace les named volumes par les chemins absolus :

volumes:
  - /home/USER/docker/stirling-pdf/trainingData:/usr/share/tesseract-ocr/5/tessdata
  - /home/USER/docker/stirling-pdf/configs:/configs
  - /home/USER/docker/stirling-pdf/customFiles:/customFiles
  - /home/USER/docker/stirling-pdf/logs:/logs

Supprime la section volumes: en bas du fichier (celle qui listait les noms). Puis clique sur Update the stack.

Pourquoi le chemin complet plutôt que ./ ? Portainer stocke ses fichiers de manière un peu invisible. En écrivant le chemin entier, tu es certain à 100 % de l’endroit où les données atterrissent sur le disque – indispensable pour tes futures sauvegardes.


Cas particulier – Nginx Proxy Manager et les certificats Let’s Encrypt

NPM est indispensable à relocaliser car c’est là que se trouvent tes certificats Let’s Encrypt et toute ta configuration de proxy.

Sa structure de dossiers est la suivante :

nginx-proxy-manager/
├── data/           - base de données, logs, configuration nginx
└── letsencrypt/    - certificats SSL
    ├── archive/    - les vrais fichiers .pem
    ├── live/       - liens symboliques vers archive/
    └── renewal/    - configuration de renouvellement

Point d’attention important : le dossier letsencrypt/live/ ne contient pas de vrais fichiers mais des liens symboliques (symlinks) qui pointent vers les fichiers dans letsencrypt/archive/. Les deux dossiers doivent être présents dans ta sauvegarde pour que la restauration fonctionne. L’outil de sauvegarde Rclone doit être configuré avec l’option --links pour les copier correctement – c’est détaillé dans l’article sur la sauvegarde automatique.

La procédure de relocalisation est identique au Cas 2, avec ces volumes dans le YAML :

volumes:
  - /home/USER/docker/nginx-proxy-manager/data:/data
  - /home/USER/docker/nginx-proxy-manager/letsencrypt:/etc/letsencrypt

Créer le fichier docker-compose.yml

Une fois le container configuré et fonctionnel, crée immédiatement un fichier docker-compose.yml dans son dossier. Ce fichier est indispensable pour pouvoir reconstruire le container depuis zéro en cas de problème – et pour que la sauvegarde automatique soit complète.

nano /home/USER/docker/nom-du-logiciel/docker-compose.yml

Colle le contenu exact du YAML visible dans Portainer (Stacks – nom de la stack – Editor). Puis donne les bons droits :

sudo chown USER:USER /home/USER/docker/nom-du-logiciel/docker-compose.yml

Le chown est important : il permet au script de sauvegarde de mettre à jour ce fichier automatiquement à chaque sauvegarde, si tu modifies la stack dans Portainer.

Le script de sauvegarde vérifie à chaque lancement que ce fichier existe dans chaque dossier. Si ce n’est pas le cas, il écrit une ligne ATTENTION dans le log – un rappel quotidien jusqu’à ce que ce soit fait.

Cas particulier – Portainer

Portainer ne s’installe pas via une stack mais via une commande docker run directe – il n’apparaît donc pas dans la liste des stacks de Portainer et son YAML ne peut pas être exporté automatiquement. Crée son fichier manuellement :

nano /home/USER/docker/portainer/docker-compose.yml

Colle le contenu de ta stack Portainer tel qu’il apparaît dans Portainer – Stacks – Editor. Puis donne les bons droits :

sudo chown USER:USER /home/USER/docker/portainer/docker-compose.yml

Note sur les droits des données Portainer : contrairement aux autres containers, les fichiers dans portainer/data/ doivent appartenir à root (Portainer les crée et les gère en root). Ne fais pas de chown USER sur ce sous-dossier – uniquement sur le docker-compose.yml.


Supprimer les volumes inutilisés

Une fois que tu as vérifié que tout fonctionne avec les nouveaux chemins, supprime les anciens named volumes pour libérer de l’espace disque :

sudo docker volume prune

Cette commande supprime tous les volumes qui ne sont attachés à aucun container (allumé ou éteint). Elle ne touche pas à ce qui est dans ton dossier personnel ni aux volumes actifs.


En résumé, ton nouveau réflexe

« Un nouveau container ? Un nouveau dossier dans /home/USER/docker/ et un chemin complet dans le YAML – plus un docker-compose.yml créé immédiatement. »

C’est cette discipline qui fera que, dans 6 mois, quand tu auras 10 logiciels différents, tu pourras tout sauvegarder sur ton Google Drive d’une seule traite, car tout sera sagement rangé au même endroit.

Dans le prochain article de cette série, nous verrons comment configurer Rclone pour sauvegarder automatiquement tout le dossier /home/USER/docker/ vers Google Drive.