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Sécuriser un compte Gmail avec la double authentification et Aegis Authenticator

Sécuriser un compte Gmail avec la double authentification et Aegis Authenticator

Un mot de passe seul ne suffit plus pour protéger un compte en ligne. La double authentification (2FA) ajoute un second verrou, et une application dédiée comme Aegis Authenticator est bien plus fiable qu’un SMS pour le gérer.

Ce guide part du principe que tu utilises un gestionnaire de mots de passe pour stocker tes identifiants et mots de passe de façon sécurisée. Si ce n’est pas encore le cas, c’est le bon moment pour en adopter un : 1Password, Bitwarden, Dashlane ou KeePass sont parmi les options les plus connues. Sans gestionnaire de mots de passe, il est très difficile de suivre les bonnes pratiques décrites ici.

Pourquoi la double authentification, et pourquoi pas le SMS

La double authentification repose sur un principe simple : pour te connecter, tu dois fournir deux preuves d’identité. La première est ton mot de passe, que tu connais. La seconde est un code temporaire, valable 30 secondes, généré par un appareil que tu possèdes – ton téléphone.

Même si quelqu’un vole ou devine ton mot de passe, il ne peut pas se connecter sans ce second code.

Google propose plusieurs méthodes pour recevoir ce code :

  • Un SMS envoyé sur ton numéro de téléphone
  • Une notification sur un appareil Google déjà connecté
  • Un code généré par une application d’authentification

Le SMS est la méthode la plus connue, mais aussi la plus fragile : un SMS peut être intercepté, et si tu perds ton téléphone, tu perds aussi l’accès à tes comptes. Une application d’authentification est plus robuste : elle fonctionne sans connexion réseau, et ses sauvegardes sont sous ton contrôle.

Choisir et installer Aegis Authenticator

Aegis Authenticator est une application Android gratuite et open source, développée par Beem Development. Elle gère les codes 2FA pour tous tes comptes, les stocke de façon chiffrée sur ton téléphone, et permet d’en faire des sauvegardes.

Google propose sa propre application d’authentification, Google Authenticator. Le problème : elle dépend de l’infrastructure Google. Si Google rencontre une panne ou un problème d’accès, Google Authenticator peut devenir inutilisable au moment précis où tu en as besoin. Aegis est indépendant de toute plateforme – il fonctionne sans connexion réseau et sans dépendre d’aucun service tiers.

Installation

Ouvre le Play Store et cherche « Aegis Authenticator ». Fais attention : une version sponsorisée apparaît souvent en premier dans les résultats. Vérifie que le développeur est bien « Beem Development » avant d’installer.

Aegis Authenticator fonctionne uniquement sur Android.

Premier lancement

Au premier lancement, Aegis te demande de choisir une méthode de protection :

  • Choisis « Mot de passe et données biométriques » (empreinte digitale ou reconnaissance faciale selon ton téléphone)
  • Tu définis un mot de passe qui chiffre l’ensemble de tes codes 2FA

Ce mot de passe est critique : si tu le perds, tu perds l’accès à tous tes codes. Note-le immédiatement dans un gestionnaire de mots de passe.

Nota

Si tu avais Google Authenticator installé sur ton téléphone avant de passer à Aegis, supprime-le de ton compte Google dans les paramètres de sécurité, puis reconfigure Aegis en scannant un nouveau QR code. Si tu as les deux applications en parallèle, ça peut créer de la confusion.


Activer la 2FA sur un compte Google

Étape 1 – Accéder aux paramètres de sécurité

Depuis un PC, connecte-toi à ton compte Google et va sur myaccount.google.com. Clique sur « Sécurité » dans le menu de gauche.

Si ton mot de passe n’a pas été changé depuis longtemps, ou s’il est trop simple, commence par le mettre à jour : clique sur « Mot de passe », saisis l’ancien, puis le nouveau deux fois. Conserve ce mot de passe dans ton gestionnaire de mots de passe.

Étape 2 – Ouvrir la validation en deux étapes

Dans la section « Comment vous connecter à Google », clique sur « Validation en deux étapes ». Google te demande de saisir ton mot de passe pour confirmer.

Étape 3 – Choisir l’application d’authentification

Sur la page qui s’affiche, Google propose plusieurs méthodes. Cherche « Application d’authentification » et clique dessus. Les instructions mentionnent Google Authenticator, mais elles fonctionnent exactement de la même façon avec Aegis.

Étape 4 – Scanner le QR code avec Aegis

Google affiche un QR code à l’écran. Sur ton téléphone, ouvre Aegis et appuie sur le bouton « + » en bas à droite. Choisis « Scanner un QR code » et pointe la caméra vers l’écran.

Aegis ajoute automatiquement l’entrée pour ton compte Google et commence à générer des codes à 6 chiffres, renouvelés toutes les 30 secondes.

Étape 5 – Valider et activer

Saisis dans le champ prévu le code à 6 chiffres affiché par Aegis au moment de la saisie. Google confirme que l’application est bien configurée.

Clique ensuite sur « Activer » pour finaliser la validation en deux étapes.


Le piège « Google Authenticator » au moment de la connexion

Une fois la 2FA activée, tu vas rencontrer une subtilité au moment de te connecter.

Après avoir saisi ton mot de passe, Google affiche parfois un écran qui demande un « code de sécurité » à 10 chiffres, avec le message « accédez à g.co/sc ». Ce code est généré automatiquement par google – ce n’est pas un code Aegis.

Pour utiliser Aegis, clique sur « Essayer une autre méthode » (lien discret en bas de l’écran), puis choisis « Application d’authentification (Google Authenticator) ». C’est là que tu saisis le code à 6 chiffres affiché par Aegis. J’ai mis du temps à comprendre ça et j’ai cru que j’allais perdre l’accès à mon compte….


Les codes de secours

Dès que la 2FA est activée, Google te propose de générer des codes de secours. Ne saute pas cette étape.

Les codes de secours sont des codes à usage unique, au format texte, qui te permettent de te connecter si tu n’as plus accès à Aegis – téléphone perdu, cassé, volé. Chaque code ne peut être utilisé qu’une seule fois.

Générer et stocker les codes

Dans les paramètres de sécurité de ton compte Google, section « Validation en deux étapes », clique sur « Codes de secours » puis « Générer des codes ». Google affiche une liste de 10 codes.

Copie-les dans ton gestionnaire de mots de passe, dans l’entrée dédiée à ce compte Google. Télécharge aussi le fichier texte proposé par Google.

Où stocker ce fichier

Ce fichier doit être accessible même si tu n’as plus ton téléphone, ton PC, ou ta connexion internet habituelle. Quelques règles de base :

  • Ne le stocke pas uniquement sur Google Drive : si tu perds l’accès à ton compte Google, tu perds aussi l’accès à Google Drive
  • Utilise un second service de stockage cloud, indépendant de Google, dans un dossier dédié à la sécurité
  • Conserve aussi une copie papier dans un endroit sûr, idéalement chez une personne de confiance

Certains sites ne proposent pas de codes de secours. Dans ce cas, la seule option de récupération est le SMS ou un autre appareil de confiance. C’est un critère important pour évaluer le niveau de sécurité d’un service : un site qui gère des fichiers ou des données sensibles devrait proposer des codes de secours.


Configurer la sauvegarde chiffrée d’Aegis

Aegis stocke tes codes 2FA sur ton téléphone. Si tu perds ce téléphone sans avoir fait de sauvegarde, tu perds tous tes codes.

Activer la sauvegarde automatique

Dans Aegis, ouvre les paramètres (icône en haut à droite) et va dans « Sauvegardes ». Active la sauvegarde automatique et choisis un emplacement sur le stockage interne du téléphone – par exemple un dossier AEGIS dans le répertoire Documents.

Configure le nombre de versions à conserver (5 est une valeur raisonnable) : Aegis garde les fichiers les plus récents et supprime les plus anciens automatiquement.

Le mot de passe de la sauvegarde

La sauvegarde est chiffrée par défaut avec un mot de passe qui peut être différent de celui de l’application Aegis elle-même. Note ce mot de passe dans ton gestionnaire de mots de passe avec un nom clair, par exemple « aegis-sauvegarde-mot-de-passe ». Tu en auras besoin pour restaurer Aegis sur un nouvel appareil.

Copier la sauvegarde ailleurs

Le fichier de sauvegarde (au format .json) doit aussi être copié en dehors du téléphone. La méthode la plus simple : depuis l’application Fichiers de ton téléphone, sélectionne le dernier fichier de sauvegarde, appuie sur « Partager » et envoie-le vers ton service de stockage cloud secondaire, dans le même dossier que tes codes de secours.

À refaire à chaque fois que tu ajoutes un nouveau compte dans Aegis.


Étendre la 2FA à d’autres comptes

La même procédure s’applique à la grande majorité des services en ligne qui proposent la 2FA : aller dans les paramètres de sécurité du compte, choisir « Application d’authentification », scanner le QR code avec Aegis, valider avec le code à 6 chiffres.

Prenons l’exemple de Dropbox. Dans les paramètres Dropbox, section « Sécurité », active la « Vérification en deux étapes » et choisis « Utiliser une application mobile ». Scanne le QR code avec Aegis, saisis le code de confirmation. Dropbox propose des codes de secours à la fin de la procédure – génère-les et stocke-les comme pour Google.

Quelques points à retenir quand tu actives la 2FA sur un nouveau service :

  • Tous les sites ne proposent pas de codes de secours. Certains n’offrent que le SMS comme solution de secours. Dans ce cas, assure-toi que ton numéro de téléphone est à jour sur le compte.
  • Certains services permettent de choisir entre SMS et application d’authentification. Préfère toujours l’application quand c’est possible.
  • Certains services cloud n’acceptent pas d’application tierce d’authentification. Dans ce cas suis leurs instructions.
  • Après chaque activation, fais une copie de sauvegarde d’Aegis : le fichier de sauvegarde doit inclure le nouveau compte.

Pour aller plus loin

Ce guide couvre l’activation de la 2FA sur un compte Google et les principes généraux pour l’étendre à d’autres services. La double authentification est une brique parmi d’autres dans une démarche de sécurisation complète : gestion des sauvegardes, procédures de récupération en cas de perte du téléphone, compartimentation des comptes.

Ces sujets sont abordés dans l’article Sécuriser ses comptes en ligne : démarche d’ensemble.

Les pixels de l’image s’envolent !

Les pixels de l’image s’envolent !

J’ai construit, avec une IA, une application qui décompose n’importe quelle image en suivant les trajectoires d’un attracteur, une figure née d’équations différentielles. Le mode d’emploi complet est sur la page d’aide, ici je raconte ce que cette décomposition change dans le regard qu’on porte sur une image.

Qu’est-ce qu’un attracteur étrange

Un attracteur étrange est une figure mathématique qui naît d’un système de trois équations différentielles : des formules qui indiquent, à chaque instant, dans quelle direction se déplace un point de l’espace. Répète ce calcul des milliers de fois et les points dessinent une trajectoire qui ne se referme jamais tout à fait sur elle-même, sans jamais non plus partir dans n’importe quelle direction. C’est cette tension entre ordre et imprévisibilité qui a donné son nom à la théorie du chaos, popularisée par l’attracteur de Lorenz et son fameux papillon à deux ailes.

Dans l’application, chaque pixel de ton image devient un point qui suit sa propre trajectoire sur l’un de ces systèmes. Tu peux choisir parmi cinq attracteurs, Aizawa, Thomas, Lorenz, Halvorsen ou Rössler, chacun avec sa dynamique propre. Le détail de chacun est dans la page d’aide, ce qui m’intéresse ici, c’est ce que ce mouvement fait à une image.

composite des 4 photos, même image source, 4 attracteurs différents

Une image qu’on regarde autrement

Une photo, une fois chargée, reste d’abord parfaitement nette. Puis, à mesure que tu avances dans le temps de la simulation, une zone commence à se décoller, pixel par pixel, et chaque pixel garde sa couleur d’origine tout en partant sur sa propre trajectoire. Le résultat n’est ni l’image de départ ni un nuage abstrait, c’est un état intermédiaire où on reconnaît encore le sujet dans les zones intactes, pendant que les zones parties dessinent quelque chose de nouveau.

Ce qui m’a surprise, c’est à quel point cet entre-deux change la lecture d’une image. Un visage, un paysage, un objet familier, on ne le voit plus de la même façon quand une partie de sa matière s’est mise à voler. L’image garde son identité tout en devenant autre chose. C’est cet instant précis, ni la photo de départ ni le nuage final, que l’application permet de figer et d’explorer, en avançant ou reculant dans le temps avec un simple curseur.

Le blanc qui mange les couleurs

Un problème est apparu en travaillant sur de vraies images : dans les zones denses, là où beaucoup de fils du même attracteur se superposent, les couleurs s’écrasaient vers le blanc. La cause est physique, pas un bug : les fils s’affichent en lumière additive, et là où des centaines d’entre eux se croisent, les trois canaux de couleur saturent à leur maximum, ce qui donne du blanc, quelle que soit la couleur d’origine des pixels.

La solution a demandé trois ajustements combinés : baisser l’opacité de chaque fil pour repousser le seuil de saturation, renforcer légèrement la saturation des couleurs pour qu’elles résistent mieux à l’addition, et ajouter un curseur, Intensité des fils, pour doser ce réglage selon chaque image. Aucun pixel n’est perdu dans l’opération, seule la façon dont ils se superposent visuellement change. C’est un bon exemple de contrainte technique qui, une fois résolue, devient un outil créatif : ce curseur permet de choisir entre une image aérée aux couleurs franches et une image dense et lumineuse.

Une usine artistique

Une fois l’image chargée et l’attracteur choisi, chaque instant de la simulation est une composition possible. Le bouton Prendre une photo exporte cet instant en haute définition, 3840 pixels de large, et surtout nomme le fichier avec la recette complète de l’image : l’attracteur utilisé, la position dans le temps, le délai de départ, la taille de la zone initiale, la vitesse de transition, l’intensité des fils, et la graine qui a déterminé la zone de départ (voir la page d’aide pour l’explication de ces éléments).

Le nom du fichier devient ainsi un journal d’exploration complet : il suffit de recopier les valeurs qu’il contient dans l’application, avec la même image d’origine, pour retrouver la composition à l’identique. N’importe qui peut donc reprendre une de mes images, en repartir, et la pousser dans une direction différente.

composite des 4 photos, même attracteur, 4 images sources différentes

À toi de tester

L’application est ici : https://knowledge.parcours-performance.com/attracteurs/. La page d’aide, avec le détail de chaque réglage, est ici : https://knowledge.parcours-performance.com/attracteurs-etranges-image-pixel/. Charge une de tes photos, essaie les cinq attracteurs, et si tu obtiens une composition qui te plaît, le nom du fichier exporté suffit à la retrouver, ou à la partager.

Pour aller plus loin

Voir l’article (Coder une petite application avec l’IA, sans rien connaître au code) dans lequel j’explique comment j’ai « vibe codé » cette application.

Étendre son réseau Zigbee dans Home Assistant : prises relais et détecteurs de porte

Étendre son réseau Zigbee dans Home Assistant : prises relais et détecteurs de porte

Une fois Zigbee2MQTT installé, la question devient concrète : comment ajouter des appareils et construire un maillage fiable dans toute la maison ? Je voulais par exemple ajouter des détecteurs d’ouverture de porte dans le garage. Mais les murs sont trop épais et ils ne se connectaient pas au dongle Zigbee. Voici la procédure pour raccorder une prise connectée et étendre le réseau sur plusieurs pièces. On y voit aussi comment installer un détecteur d’ouverture.

Si Zigbee2MQTT n’est pas encore installé, commence par connecter tes appareils Zigbee à Home Assistant avec Zigbee2MQTT et Mosquitto. Cet article part du principe que Zigbee2MQTT tourne déjà.

Cet article fait partie de la série Domotique Home Assistant.

Appairer une prise connectée comme répéteur

Les prises connectées Zigbee (ici une Nous A7Z) sont souvent vendues avec une application propriétaire, Tuya ou Nous Smart Home. Mieux vaut l’éviter et connecter la prise directement au réseau Zigbee local via Zigbee2MQTT, déjà installé. Trois avantages : la prise réagit plus vite, sans passer par un serveur distant, tes données restent chez toi, et surtout, une prise branchée sur secteur devient automatiquement un répéteur (routeur) qui agrandit ton maillage Zigbee.

1. Préparer la prise

Branche la prise sur une prise murale et observe le voyant LED sur le bouton latéral :

  • S’il clignote (lentement ou rapidement) : la prise est déjà en mode appairage.
  • S’il reste fixe : maintiens le bouton physique enfoncé pendant 5 à 7 secondes. La LED se met à clignoter rapidement, signe que les paramètres d’usine sont réinitialisés et que la prise cherche un réseau.

2. Lancer l’appairage dans Zigbee2MQTT

  1. Ouvre l’interface web de Zigbee2MQTT et clique sur « Permit join » (Autoriser l’appairage), en bas du panneau latéral gauche.
  2. Laisse la prise et Home Assistant communiquer, moins de 30 secondes suffisent. La LED de la prise s’arrête de clignoter et s’éteint. Un nouvel appareil apparaît dans la liste, identifié par défaut sous un nom générique du type « smart zigbee socket ».

Pas besoin de modifier quoi que ce soit à ce stade.

3. Renommer l’appareil

Toujours dans Zigbee2MQTT, ouvre la liste des appareils, clique sur la prise, puis modifie son nom. Donne-lui immédiatement un nom clair et localisé, par exemple « Prise Bureau (entrée) ». Si tu es sur Zigbee2MQTT, coche la case « Mettre à jour l’ID d’entité Home Assistant » pour que les entités soient renommées proprement partout, y compris côté Home Assistant.

Les entités disponibles après l’intégration

Une fois associée, la prise fait remonter automatiquement plusieurs informations dans tes tableaux de bord :

  • Le commutateur (switch) : pour allumer ou éteindre l’appareil branché, à distance.
  • La puissance instantanée (sensor.power, en watts) : utile pour voir ce que consomme un appareil en temps réel, ou créer des automatisations, par exemple une alerte quand la machine à laver tombe à 2 W, signe que le cycle est terminé.
  • La consommation cumulée (sensor.energy, en kWh) : l’entité à intégrer dans l’onglet Énergie de Home Assistant pour suivre tes coûts électriques.

Une fois les appareils appairés, ils apparaissent automatiquement dans l’aperçu de Home Assistant. Dès que tu leur assignes une pièce, ils s’affichent aussi dans l’aperçu de cet espace.

Conseil pour le réseau : comme la prise est branchée sur secteur, elle fait office de routeur. Laisse passer 24 à 48 heures sans la débrancher, le temps que tes autres capteurs sur pile (boutons, thermomètres) se maillent intelligemment à elle si besoin.

Ajouter un détecteur d’ouverture porte ou fenêtre

Les détecteurs Aqara MCCGQ11LM se composent de deux parties : un grand boîtier (le capteur principal) et un petit boîtier (l’aimant). Ils fonctionnent avec une pile bouton CR1632.

Appairage

La procédure suit le même principe que pour la prise, dans Zigbee2MQTT puis Home Assistant :

  1. Repère le petit bouton physique sur une des tranches du grand boîtier.
  2. Reste appuyé dessus pendant environ 5 secondes, jusqu’à ce que la petite LED bleue en façade clignote, puis relâche.
  3. Pendant que Zigbee2MQTT cherche le capteur, appuie brièvement sur ce même bouton toutes les 2 à 3 secondes, pour forcer le capteur à rester éveillé jusqu’à ce que l’association soit complète. C’est une particularité des capteurs Aqara.

Une fois associé, tu dois voir le capteur passer en mode « ouvert » lorsque tu approches le petit boîtier du grand, et inversement en mode « fermé » quand tu les éloignes.

Installation physique

Le grand boîtier se colle sur la partie fixe (le cadre de la porte ou de la fenêtre), le petit aimant sur la partie mobile (le battant). Deux points d’attention :

  • Une fois la porte fermée, l’écart entre les deux boîtiers ne doit pas dépasser 22 mm.
  • Les petits repères (une ligne fine gravée sur le côté de chaque boîtier) doivent être alignés l’un en face de l’autre.

Astuce pour le positionnement : une carte bancaire standard fait 0,76 mm d’épaisseur. Deux cartes empilées donnent une cale pratique pour espacer correctement les deux boîtiers avant de les coller définitivement.

Étendre le maillage à plusieurs prises

Ajouter une deuxième ou une troisième prise pose une question classique : faut-il les appairer directement à leur emplacement final, ou peut-on les appairer près du dongle Zigbee pour simplifier la manipulation, puis les déplacer ensuite ?

Pourquoi l’appairage à proximité fonctionne

Le protocole Zigbee forme un réseau maillé (mesh) et dynamique. Lors de l’appairage, l’appareil a seulement besoin de s’enregistrer auprès du coordinateur, ton dongle USB, et d’y enregistrer sa clé de sécurité. Peu importe qu’il passe directement par le dongle ou par un relais à ce moment précis.

La règle d’or après le déplacement : le temps de « guérison »

Si tu appaires une prise destinée au garage dans ton bureau, elle crée d’abord un lien direct avec le dongle. Quand tu la débranches pour l’installer définitivement dans le garage, Home Assistant la voit d’abord « hors ligne » : elle cherche son ancien voisin (le dongle du bureau) et ne le trouve plus.

C’est là que le maillage entre en jeu : la prise émet un signal pour chercher de nouveaux voisins, détecte une autre prise déjà en place à proximité, et se reconnecte au réseau à travers elle. Ce processus de reconfiguration automatique s’appelle la « guérison » (healing) du réseau.

Ce processus n’est pas instantané, il peut prendre entre 10 minutes et un gros quart d’heure. Pas d’inquiétude si l’appareil reste indisponible juste après l’avoir branché à son emplacement définitif.

Méthode recommandée pour plusieurs prises

Pour enchaîner l’ajout de plusieurs prises sans perturber le réseau, suis cet ordre :

  1. Appairer la prise 2 (par exemple, salon) dans le bureau : lance le mode inclusion dans Zigbee2MQTT, branche la prise à proximité, appaire-la et renomme-la.
  2. Placer la prise 2 à son emplacement définitif : débranche-la du bureau et branche-la au salon. Attends 5 à 10 minutes qu’elle se reconnecte au dongle ou à la première prise et se stabilise.
  3. Appairer la prise 3 (par exemple, garage) dans le bureau, pendant que la prise 2 se stabilise ailleurs.
  4. Placer la prise 3 à son emplacement définitif : comme la prise du salon est déjà en place et active, la prise du garage trouvera ce relais plus facilement pour stabiliser son signal.

Vérifier son maillage : LQI et carte réseau

Le LQI, pour Link Quality Indicator (indice de qualité du lien), mesure la force et la fiabilité de la communication entre un appareil Zigbee et son contrôleur ou son routeur. Tu le retrouves directement dans la fiche de chaque appareil sur Zigbee2MQTT.

Un mur en parpaing plein rempli de galets concassés, par exemple, dégrade sensiblement le signal, un peu comme pour le Wi-Fi. Un LQI plus faible sur un appareil isolé dans une pièce éloignée n’est donc pas anormal.

Utiliser la carte Zigbee

Une fois tous les appareils branchés à leur place définitive, attends environ 30 minutes, puis va sur l’interface de Zigbee2MQTT, dans l’onglet Réseau :

  1. Dans le menu déroulant Type d’affichage, choisir « afficher données / carte »
  2. Dans le menu déroulant à droite « Type d’affichage« , choisir « carte »
  3. Clique sur le bouton bleu Charger.

Le chargement prend quelques instants. Tu verras ensuite apparaître les lignes qui relient tes appareils entre eux, preuve visuelle que le maillage fonctionne. On voit que des liens se créent entre éléments. Un des capteurs d’ouverture est relié par l’intermédiaire de la prise A du bureau, l’autre en direct vers le « coordinateur » jaune, le dongle Zigbee de l’ordinateur Home Assistant.

Pour aller plus loin

Cet article fait partie de la série Domotique Home Assistant, qui regroupe les projets domotique créé dans Home Assistant.
Je prévois d’y ajouter rapidement un article sur la façon de suivre les consommations d’énergie, avec une connexion quotidienne au site Enedis pour récupérer mes consommations quotidienne. Et un peu après, je voudrais créer un petit système d’alarme qui s’actionne quand des portes sont ouvertes en l’absence de certains téléphones « validés ».

Coder une petite application avec l’IA, sans rien connaître au code

Coder une petite application avec l’IA, sans rien connaître au code

Ce POC trie les pixels d’une image par couleur, comme l’application Attracteurs étranges déformait une image en suivant la trajectoire d’un attracteur mathématique. Mais l’important ici n’est pas l’application. C’est l’environnement, minimal, et la méthode pour construire ce genre de projet avec l’IA, même sans bagage en code.

Le principe du POC

Un fichier HTML unique, sans dépendance externe. Il charge une image, la lit pixel par pixel dans un canvas caché, trie ces pixels par teinte puis par luminosité, et affiche le résultat à côté de l’image d’origine. Tout se passe dans le navigateur, aucune image n’est envoyée à un serveur.

C’est volontairement un projet minimal, pas une application finie. Le but est de montrer qu’on peut obtenir un résultat fonctionnel, rapide et sécurisé, en une poignée d’échanges avec l’IA.

Ci-dessous sur un écran en mode portrait :

ou en mode paysage, avec une autre image

Le cahier des charges avant de coder

Avant d’écrire la moindre ligne de code, la première chose à faire est de poser un cahier des charges, même court. Trois questions suffisent pour ce genre de petit projet :

  • Que doit faire l’application, précisément ?
  • Quelles contraintes techniques et de sécurité s’appliquent (aucune donnée envoyée au serveur, un seul fichier autonome) ?
  • Sur quels supports doit-elle fonctionner (ordinateur, téléphone) ?

Ce dernier point vient d’une leçon apprise sur le projet Attracteurs : l’adaptation au téléphone n’avait pas été anticipée dans le cahier des charges initial, et n’a été détectée qu’en testant sur téléphone après coup. Pour ce projet, la contrainte responsive a été posée dès le départ.

Autre principe utile : ne pas réinventer ce qui existe déjà. Le chargement sécurisé d’image et la lecture des pixels via un canvas caché avaient déjà été validés sur le projet Attracteurs. Il n’y avait aucune raison de repartir de zéro sur ce point, seule la logique de tri était vraiment nouvelle.

Discuter avec l’IA pour jauger la complexité

Une fois le tri de base posé, une idée est venue en cours de route : permettre de survoler l’image triée à la souris pour afficher la couleur du pixel pointé, en RGB et en HSL. Une bonne question à se poser à ce moment-là : est-ce simple à ajouter, ou est-ce que ça mérite d’être traité à part ?

La réponse, discutée avec l’IA, a été de séparer le projet en deux étapes. L’étape A, le tri lui-même, suffisante pour valider le principe. L’étape B, le survol interactif, repoussée à une session suivante. Deux raisons à ce choix : tester une chose à la fois évite de devoir déboguer plusieurs nouveautés en même temps, et une fonctionnalité tactile (le survol au doigt pose des questions différentes de la souris) mérite sa propre réflexion plutôt que d’être ajoutée dans la précipitation.

C’est ce genre d’arbitrage qui fait la différence entre un prompt unique qui tente de tout faire d’un coup, et une conversation qui avance par étapes validées.

Le code complet

<!DOCTYPE html>
<html lang="fr">
<head>
<meta charset="utf-8">
<meta name="viewport" content="width=device-width, initial-scale=1">
<title>Tri de pixels par couleur</title>
<style>
  :root {
    --bg: #0b0d12;
    --panel: rgba(20, 22, 30, 0.9);
    --line: rgba(255, 255, 255, 0.10);
    --txt: #e4e5ea;
    --dim: #9497a3;
    --accent: #2979ff;
  }
  * { box-sizing: border-box; margin: 0; padding: 0; }
  [hidden] { display: none !important; }
  body {
    background: var(--bg);
    color: var(--txt);
    font-family: "Segoe UI", system-ui, -apple-system, sans-serif;
    font-size: 14px;
    padding: 16px;
    min-height: 100vh;
  }

  h1 {
    font-size: 15px;
    font-weight: 600;
    letter-spacing: 0.06em;
    text-transform: uppercase;
    color: var(--dim);
    margin-bottom: 14px;
  }
  h1 b { color: var(--accent); font-weight: 600; }

  #panel {
    background: var(--panel);
    border: 1px solid var(--line);
    border-radius: 10px;
    padding: 14px;
    margin-bottom: 16px;
    display: flex;
    align-items: center;
    gap: 12px;
    flex-wrap: wrap;
  }

  input[type=file] { color: var(--dim); max-width: 100%; }

  .btn {
    padding: 8px 14px;
    border: 1px solid var(--line);
    border-radius: 7px;
    background: rgba(255,255,255,0.06);
    color: var(--txt);
    font-size: 13px;
    cursor: pointer;
  }
  .btn:hover { border-color: var(--accent); }

  #status {
    color: var(--dim);
    font-size: 13px;
  }

  #resultats {
    display: flex;
    gap: 16px;
    flex-wrap: wrap;
  }
  figure {
    flex: 1 1 380px;
    min-width: 0;
    background: var(--panel);
    border: 1px solid var(--line);
    border-radius: 10px;
    padding: 12px;
  }
  figure canvas {
    display: block;
    width: 100%;
    height: auto;
    border-radius: 6px;
    background: #000;
  }
  figcaption {
    color: var(--dim);
    font-size: 12px;
    text-transform: uppercase;
    letter-spacing: 0.06em;
    margin-bottom: 8px;
  }

  @media (max-width: 820px) {
    #resultats { flex-direction: column; }
  }
</style>
</head>
<body>

<h1>Tri de pixels par <b>couleur</b></h1>

<div id="panel">
  <input type="file" id="file" accept="image/*">
  <button type="button" class="btn" id="demo" hidden>Image de démonstration</button>
  <span id="status">Choisis une image pour commencer.</span>
</div>

<div id="resultats" hidden>
  <figure>
    <figcaption>Image d'origine</figcaption>
    <canvas id="cvOriginal"></canvas>
  </figure>
  <figure>
    <figcaption>Pixels triés par teinte, puis luminosité</figcaption>
    <canvas id="cvTrie"></canvas>
  </figure>
</div>

<script>
const ui = {
  file: document.getElementById("file"),
  demo: document.getElementById("demo"),
  status: document.getElementById("status"),
  resultats: document.getElementById("resultats"),
  cvOriginal: document.getElementById("cvOriginal"),
  cvTrie: document.getElementById("cvTrie"),
};

const TAILLE_MAX = 1200; // plus grande dimension autorisée pour la taille de travail
const DEMO_DIR = "demo/";

/* ============================================================
   Chargement d'une image choisie par l'utilisateur
   ============================================================ */
ui.file.addEventListener("change", () => {
  const f = ui.file.files && ui.file.files[0];
  if (!f) return;
  const url = URL.createObjectURL(f);
  const img = new Image();
  img.onload = () => {
    URL.revokeObjectURL(url);
    traiterImage(img);
  };
  img.onerror = () => {
    URL.revokeObjectURL(url);
    ui.status.textContent = "Impossible de lire ce fichier image.";
  };
  img.src = url;
});

/* ============================================================
   Images de démonstration
   Le manifeste n'est lu que si l'application est servie en
   http(s). En ouverture directe du fichier (file://), l'appel
   échoue silencieusement et le bouton reste caché : rien ne
   bloque, l'utilisateur charge simplement sa propre image.
   ============================================================ */
let demoListe = [];

fetch(DEMO_DIR + "manifest.json")
  .then(r => r.ok ? r.json() : [])
  .then(liste => {
    if (Array.isArray(liste) && liste.length) {
      demoListe = liste;
      ui.demo.hidden = false;
    }
  })
  .catch(() => {});

ui.demo.addEventListener("click", () => {
  if (!demoListe.length) return;
  const nom = demoListe[Math.floor(Math.random() * demoListe.length)];
  const img = new Image();
  img.onload = () => traiterImage(img);
  img.onerror = () => { ui.status.textContent = "Impossible de charger l'image de démonstration."; };
  img.src = DEMO_DIR + nom;
});

/* ============================================================
   Redimensionnement interne
   La plus grande dimension de l'image est ramenée à TAILLE_MAX
   si besoin, pour garder le tri fluide sur tous les appareils.
   Le rapport largeur/hauteur d'origine est conservé.
   ============================================================ */
function calculerTailleTravail(largeur, hauteur) {
  const plusGrand = Math.max(largeur, hauteur);
  if (plusGrand <= TAILLE_MAX) return { w: largeur, h: hauteur };
  const ratio = TAILLE_MAX / plusGrand;
  return {
    w: Math.max(1, Math.round(largeur * ratio)),
    h: Math.max(1, Math.round(hauteur * ratio)),
  };
}

/* ============================================================
   Conversion RGB vers HSL
   Seules la teinte (h, 0-360) et la luminosité (l, 0-1) sont
   utilisées ici comme critères de tri.
   ============================================================ */
function rgbVersHsl(r, g, b) {
  r /= 255; g /= 255; b /= 255;
  const max = Math.max(r, g, b), min = Math.min(r, g, b);
  const l = (max + min) / 2;
  if (max === min) return { h: 0, l };
  const d = max - min;
  let h;
  switch (max) {
    case r: h = ((g - b) / d + (g < b ? 6 : 0)); break;
    case g: h = ((b - r) / d + 2); break;
    default: h = ((r - g) / d + 4);
  }
  h *= 60;
  return { h, l };
}

/* ============================================================
   Traitement principal : lecture, tri, reconstruction, affichage
   ============================================================ */
function traiterImage(img) {
  ui.status.textContent = "Traitement en cours...";
  ui.resultats.hidden = true;

  // laisse le navigateur afficher le message de statut avant
  // de démarrer le calcul, potentiellement bloquant
  requestAnimationFrame(() => {
    const { w, h } = calculerTailleTravail(img.naturalWidth, img.naturalHeight);
    const n = w * h;

    // canvas caché pour la lecture des pixels, image redimensionnée
    const cvLecture = document.createElement("canvas");
    cvLecture.width = w;
    cvLecture.height = h;
    const ctxLecture = cvLecture.getContext("2d", { willReadFrequently: true });
    ctxLecture.drawImage(img, 0, 0, w, h);
    const donnees = ctxLecture.getImageData(0, 0, w, h).data;

    // teinte et luminosité de chaque pixel, calculées une seule fois
    const teintes = new Float32Array(n);
    const luminosites = new Float32Array(n);
    for (let i = 0; i < n; i++) {
      const j = i * 4;
      const { h: teinte, l } = rgbVersHsl(donnees[j], donnees[j + 1], donnees[j + 2]);
      teintes[i] = teinte;
      luminosites[i] = l;
    }

    // indices des pixels triés par teinte, puis par luminosité
    const indices = new Uint32Array(n);
    for (let i = 0; i < n; i++) indices[i] = i;
    const indicesTries = Array.from(indices).sort((a, b) => {
      if (teintes[a] !== teintes[b]) return teintes[a] - teintes[b];
      return luminosites[a] - luminosites[b];
    });

    // reconstruction de l'image triée : les pixels triés sont replacés
    // dans l'ordre de lecture habituel (ligne par ligne), en gardant
    // leur couleur exacte d'origine
    const imageTrie = ctxLecture.createImageData(w, h);
    const sortie = imageTrie.data;
    for (let i = 0; i < n; i++) {
      const source = indicesTries[i] * 4;
      const cible = i * 4;
      sortie[cible] = donnees[source];
      sortie[cible + 1] = donnees[source + 1];
      sortie[cible + 2] = donnees[source + 2];
      sortie[cible + 3] = donnees[source + 3];
    }

    // affichage : image d'origine
    ui.cvOriginal.width = w;
    ui.cvOriginal.height = h;
    ui.cvOriginal.getContext("2d").drawImage(img, 0, 0, w, h);

    // affichage : image triée
    ui.cvTrie.width = w;
    ui.cvTrie.height = h;
    ui.cvTrie.getContext("2d").putImageData(imageTrie, 0, 0);

    ui.resultats.hidden = false;
    ui.status.textContent = `Image traitée : ${w} x ${h} px (${n.toLocaleString("fr-FR")} pixels).`;
  });
}
</script>

</body>
</html>

Pour les images de démonstration, un dossier demo/ contient un fichier manifest.json listant simplement leurs noms :

json

["falaise.jpg", "port-breton.png"]

S’il est absent, rien ne bloque, le bouton « Image de démonstration » reste caché et le visiteur charge sa propre image.

Tester en local, sans rien connaître

Trois façons de servir ce fichier avant de le mettre en ligne, du plus accessible au plus technique.

La solution VSCodium, ou VSCode (non testée), avec l’extension Live Server, est la plus simple si tu ne veux rien installer d’autre qu’un éditeur de code. Un clic droit sur le fichier HTML, « Open with Live Server », et la page s’ouvre dans le navigateur avec rechargement automatique à chaque modification.

Un serveur Python local, sur une machine où Python est déjà installé. Dans le dossier contenant le fichier :

python3 -m http.server 8000

Puis ouvrir http://localhost:8000/tri-pixels-couleur.html dans le navigateur. Si le serveur tourne sur une autre machine du même réseau local (un boîtier Linux par exemple), remplacer localhost par l’adresse IP locale de cette machine, du type http://192.168.x.x:8000/tri-pixels-couleur.html.

Sous Windows, la même commande peut nécessiter d’installer Python au préalable (depuis python.org, pas le Microsoft Store), cette option n’a pas été testée dans le cadre de ce projet.

Mettre en ligne, gratuitement

J’ai testé et validé deux options pour ce projet.

option Page Github

GitHub Pages, pour un partage public et gratuit, indépendant de tout hébergement personnel :

  1. Créer un compte GitHub si besoin (github.com, gratuit)
  2. Créer un dépôt public, par exemple tri-pixels-couleur, sans rien cocher (pas de README, pas de licence)
  3. Dans le dépôt, « Add file » puis « Upload files », déposer le fichier HTML renommé en index.html, et si besoin le dossier demo/ avec son manifeste et ses images
  4. Dans « Settings » puis « Pages », section « Build and deployment », choisir « Deploy from a branch », branche main, dossier / (root)
  5. L’URL publique apparaît en haut de cette même page après une à deux minutes, du type https://ton-pseudo.github.io/tri-pixels-couleur/.

L’application testée tourne sur une page github de mon dépôt : https://aldelpech.github.io/tri-pixels-couleur/

option sous-répertoire d’un site web existant

Un sous-répertoire de son propre site, avec un vrai hébergement web. Même principe que l’application Attracteurs étranges : déposer le fichier HTML renommé en index.html dans un dossier dédié à la racine du site (via FTP ou le gestionnaire de fichiers de l’hébergeur), avec le dossier demo/ à côté si besoin. L’URL devient propre automatiquement, sans conflit avec les permaliens WordPress. Pour l’application Attracteurs étranges, ça fonctionne parfaitement ici : https://knowledge.parcours-performance.com/attracteurs/

C’est quoi le vibe coding ?

Le terme désigne une façon de coder en dialoguant avec une IA en langage naturel, plutôt qu’en écrivant soi-même chaque ligne. On décrit ce qu’on veut, l’IA propose du code, on teste, on ajuste, on recommence.

Ce projet en est un exemple assez pur : aucune ligne de ce fichier n’a été tapée à la main, tout est passé par une conversation structurée, cahier des charges d’abord, questions une par une, validation avant chaque étape de code.

C’est aussi une bonne méthode pour construire un POC (proof of concept, ou preuve de concept en français. On pourrait aussi dire prototype), c’est-à-dire une version minimale d’une idée, juste assez fonctionnelle pour vérifier qu’elle tient debout, avant d’envisager d’aller plus loin. Cette expérimentation en est un exemple : elle ne visait pas à produire un outil fini, seulement à valider rapidement plusieurs options sécurisées pour mettre en ligne des applications en html et javascript.

Ce principe s’applique à beaucoup d’autres petits projets, créatifs ou utiles. Quelques idées pour continuer à s’entraîner :

  • Un générateur de palette de couleurs à partir d’une photo
  • Une page de calcul simple pour une TPE, devis, marge, conversion d’unités
  • Un petit générateur de mots de passe ou de QR codes, entièrement local
  • Une visualisation ludique de données personnelles, dépenses, lectures, trajets
Tester la pseudonymisation de documents chez soi : anonymiser, traiter par IA, réinjecter

Tester la pseudonymisation de documents chez soi : anonymiser, traiter par IA, réinjecter

Cet article fait partie de la série des articles sur la création d’une IA locale dans mon bureau : Créer une IA locale.

Anonymiser un document, c’est supprimer définitivement les données personnelles qu’il contient. Pseudonymiser, c’est différent : tu remplaces temporairement ces données par un identifiant neutre, tu traites le document sans jamais voir l’information sensible, puis tu réinjectes les vraies données à la fin. Voici comment tester ce principe chez toi, sur un PC modeste, avec des outils open source.

Le principe en 3 étapes

  1. Détecter les données personnelles dans un texte et les remplacer par un jeton neutre (par exemple PERSONNE_1 à la place d’un prénom).
  2. Traiter le texte anonymisé avec une intelligence artificielle, qui ne voit jamais l’identité réelle de la personne.
  3. Réinjecter l’information réelle à la place du jeton dans le résultat final.

L’intérêt : le traitement (recherche, analyse, génération de contenu) se fait sans exposer l’identité de la personne concernée, ce qui limite les risques si le document venait à être mal utilisé ou transmis à un tiers.

Les outils utilisés

  • Presidio, un outil open source de Microsoft, pour détecter les données personnelles dans le texte (reconnaissance d’entités nommées).
  • spaCy, une bibliothèque de traitement du langage, utilisée par Presidio pour comprendre le texte en français.
  • Ollama avec le modèle qwen2.5:3b, pour le traitement IA local, sans aucune donnée envoyée sur internet.

Tout tourne en local sur un Mini PC Linux, sans connexion à un service externe.

Installer l’environnement

Le script tourne dans un environnement Python isolé (un venv), séparé du reste du système. Ça évite que les bibliothèques installées pour ce projet entrent en conflit avec d’autres outils déjà présents sur la machine.

Le projet est placé dans un dossier home/USER/docker/ qui est sauvegardé chaque nuit (voir Sauvegarder ses containers Docker automatiquement avec Rclone).

Crée le dossier du projet et vérifie que le paquet nécessaire à la création d’un venv est installé :

mkdir -p ~/docker/pseudonymisation
cd ~/docker/pseudonymisation
dpkg -l | grep python3-venv

Si la commande ne retourne rien, installe le paquet (le numéro de version dépend de ta machine, la commande d’installation exacte apparaît dans le message d’erreur si tu tentes de créer le venv directement) :

sudo apt update
sudo apt upgrade
sudo reboot

Après le redémarrage, reconnecte-toi en SSH et installe le paquet indiqué par le message d’erreur, par exemple :

sudo apt install python3.12-venv

Crée ensuite le venv, sans sudo (une commande avec sudo donnerait les droits root aux fichiers créés, ce qui complique ensuite toute modification) :

cd ~/docker/pseudonymisation
python3 -m venv venv
source venv/bin/activate

La ligne de commande affiche maintenant (venv) au début, signe que l’environnement isolé est actif. Installe les bibliothèques nécessaires et le modèle de langue française :

pip install presidio-analyzer spacy
python -m spacy download fr_core_news_sm

Le modèle fr_core_news_sm est le plus léger disponible pour le français. Sur un PC peu puissant et pour un test avec des textes courts, il est peut-être suffisant. Un modèle plus complet (fr_core_news_md) existe si la détection s’avère insuffisante.

Enregistre la liste des bibliothèques installées, pour pouvoir tout réinstaller à l’identique en cas de besoin :

pip freeze > requirements.txt

Vérifier que la détection fonctionne

Avant de construire le script complet, un test simple permet de vérifier que Presidio détecte bien un prénom dans une phrase.

Crée le fichier test_detection.py :

from presidio_analyzer import AnalyzerEngine
from presidio_analyzer.nlp_engine import NlpEngineProvider

configuration = {
    "nlp_engine_name": "spacy",
    "models": [{"lang_code": "fr", "model_name": "fr_core_news_sm"}]
}
provider = NlpEngineProvider(nlp_configuration=configuration)
nlp_engine = provider.create_engine()
analyzer = AnalyzerEngine(nlp_engine=nlp_engine, supported_languages=["fr"])

texte_origine = "Bonjour, je m'appelle Pierre Durand et j'habite à Paris."

resultats = analyzer.analyze(text=texte_origine, language="fr")

for res in resultats:
    print(f"Trouvé: {texte_origine[res.start:res.end]} -> Catégorie: {res.entity_type}")

Lance-le :

python test_detection.py

Résultat obtenu :

Trouvé: Pierre Durand -> Catégorie: PERSON
Trouvé: Paris -> Catégorie: LOCATION

La détection fonctionne, on peut construire le script complet.

Créer des documents de test

Pour tester le workflow, j’ai créé 5 courts textes fictifs, chacun avec un prénom, un âge et un animal préféré, rédigés comme des présentations naturelles plutôt que des formulaires. Crée un dossier documents/ et un fichier par personne :

mkdir -p ~/docker/pseudonymisation/documents
cat > ~/docker/pseudonymisation/documents/personne1.txt << 'EOF'
Bonjour, je m'appelle Léa et j'ai 34 ans. Je travaille dans une pépinière depuis quelques années. Si je devais choisir un animal préféré, ce serait sans hésiter l'axolotl, je trouve sa capacité à régénérer ses membres absolument fascinante.
EOF
cat > ~/docker/pseudonymisation/documents/personne2.txt << 'EOF'
Je me présente, je suis Thomas, j'ai 52 ans et je vis à la campagne. Mon animal préféré est le fennec, ses grandes oreilles et son adaptation au désert m'ont toujours impressionné depuis un documentaire vu il y a longtemps.
EOF
cat > ~/docker/pseudonymisation/documents/personne3.txt << 'EOF'
Salut, moi c'est Camille, 27 ans. J'adore les animaux un peu décalés, et mon préféré reste le quokka, ce petit marsupial australien qui semble toujours sourire sur les photos.
EOF
cat > ~/docker/pseudonymisation/documents/personne4.txt << 'EOF'
Je m'appelle Julien et j'ai 45 ans. Passionné de nature depuis l'enfance, mon animal préféré est le pangolin, une créature discrète et méconnue que je trouve pourtant étonnante avec ses écailles.
EOF
cat > ~/docker/pseudonymisation/documents/personne5.txt << 'EOF'
Bonjour, je suis Sophie, j'ai 61 ans et je suis récemment partie à la retraite. Mon animal préféré est l'okapi, cet étrange cousin de la girafe que j'ai découvert lors d'un voyage il y a quelques années.
EOF

Le script d’anonymisation

Ce script lit chaque fichier, détecte les entités présentes (pas seulement le prénom, pour observer aussi ce que Presidio détecte d’autre), les remplace par des jetons, et sauvegarde la correspondance dans un fichier JSON.

Crée anonymisation.py :

import os
import json
from presidio_analyzer import AnalyzerEngine
from presidio_analyzer.nlp_engine import NlpEngineProvider

DOSSIER_SOURCE = "documents"
DOSSIER_ANONYMISE = "documents_anonymises"
DOSSIER_RECONSTRUIT = "documents_reconstruits"
FICHIER_CORRESPONDANCE = "correspondance.json"

configuration = {
    "nlp_engine_name": "spacy",
    "models": [{"lang_code": "fr", "model_name": "fr_core_news_sm"}]
}
provider = NlpEngineProvider(nlp_configuration=configuration)
nlp_engine = provider.create_engine()
analyzer = AnalyzerEngine(nlp_engine=nlp_engine, supported_languages=["fr"])

os.makedirs(DOSSIER_ANONYMISE, exist_ok=True)
os.makedirs(DOSSIER_RECONSTRUIT, exist_ok=True)

correspondance_globale = {}

for nom_fichier in sorted(os.listdir(DOSSIER_SOURCE)):
    if not nom_fichier.endswith(".txt"):
        continue

    chemin_source = os.path.join(DOSSIER_SOURCE, nom_fichier)
    with open(chemin_source, "r", encoding="utf-8") as f:
        texte = f.read()

    resultats = analyzer.analyze(text=texte, language="fr")
    resultats_tries = sorted(resultats, key=lambda r: r.start, reverse=True)

    correspondance_fichier = {"prenom": None, "autres_elements_personnels": []}
    texte_anonymise = texte
    compteur_autres = 0
    prenom_trouve = False

    for res in resultats_tries:
        valeur = texte[res.start:res.end]

        if res.entity_type == "PERSON" and not prenom_trouve:
            jeton = "PERSONNE_1"
            correspondance_fichier["prenom"] = {"jeton": jeton, "valeur": valeur}
            prenom_trouve = True
        else:
            compteur_autres += 1
            jeton = f"AUTRE_{compteur_autres}"
            correspondance_fichier["autres_elements_personnels"].append(
                {"jeton": jeton, "valeur": valeur, "categorie": res.entity_type}
            )

        texte_anonymise = texte_anonymise[:res.start] + jeton + texte_anonymise[res.end:]

    with open(os.path.join(DOSSIER_ANONYMISE, nom_fichier), "w", encoding="utf-8") as f:
        f.write(texte_anonymise)

    correspondance_globale[nom_fichier] = correspondance_fichier

    texte_reconstruit = texte_anonymise
    if correspondance_fichier["prenom"]:
        texte_reconstruit = texte_reconstruit.replace(
            correspondance_fichier["prenom"]["jeton"],
            "[ " + correspondance_fichier["prenom"]["valeur"] + " ]"
        )

    if correspondance_fichier["autres_elements_personnels"]:
        texte_reconstruit += "\n\nAutres elements personnels detectes :\n"
        for item in correspondance_fichier["autres_elements_personnels"]:
            texte_reconstruit += f"- {item['jeton']} : {item['valeur']} ({item['categorie']})\n"

    with open(os.path.join(DOSSIER_RECONSTRUIT, nom_fichier), "w", encoding="utf-8") as f:
        f.write(texte_reconstruit)

with open(FICHIER_CORRESPONDANCE, "w", encoding="utf-8") as f:
    json.dump(correspondance_globale, f, ensure_ascii=False, indent=2)

print("Termine. Verifie documents_anonymises/, documents_reconstruits/ et correspondance.json")

Lance le script :

python anonymisation.py

Le dossier documents_reconstruits/ sert de test intermédiaire : il réinjecte immédiatement le prénom entre crochets ([ Léa ]) pour vérifier visuellement que le mécanisme fonctionne, avant même d’ajouter le traitement IA.

Sur les 5 documents testés, la détection a globalement bien fonctionné, avec deux limites observées :

  • sur personne1.txt, Presidio n’a détecté aucune entité, y compris le prénom Léa pourtant présent en clair. Le modèle léger fr_core_news_sm peut manquer certains prénoms.
  • sur personne3.txt, le mot « Salut » a été classé comme un lieu (LOCATION), un faux positif.

Ces limites sont attendues avec un modèle allégé et font partie de ce qu’on cherche à observer dans ce test.

Le traitement par IA

Le texte anonymisé est envoyé à qwen2.5:3b via Ollama, avec une consigne qui demande à la fois l’animal préféré et un signalement de toute donnée personnelle restante dans le texte, une façon de vérifier si l’IA repère les éventuels oublis de l’étape précédente.

Un test sur un seul fichier permet de vérifier le format de réponse avant de généraliser :

import requests

with open("documents_anonymises/personne2.txt", "r", encoding="utf-8") as f:
    texte_anonymise = f.read()

prompt = f"""Voici un texte. Reponds uniquement avec ce format exact, sans phrase supplementaire :
Animal prefere : [ton animal trouve]
Attention - donnees personnelles : [liste les elements qui sont des donnees personnelles, ou ecris "aucun"]

Texte : {texte_anonymise}"""

reponse = requests.post(
    "http://localhost:11434/api/generate",
    json={"model": "qwen2.5:3b", "prompt": prompt, "stream": False}
)

print(reponse.json()["response"])

Une fois le format validé, le script complet traite les 5 documents :

import os
import json
import requests

DOSSIER_ANONYMISE = "documents_anonymises"
FICHIER_RESULTATS = "resultats_ia.json"

resultats = {}

for nom_fichier in sorted(os.listdir(DOSSIER_ANONYMISE)):
    if not nom_fichier.endswith(".txt"):
        continue

    chemin = os.path.join(DOSSIER_ANONYMISE, nom_fichier)
    with open(chemin, "r", encoding="utf-8") as f:
        texte_anonymise = f.read()

    prompt = f"""Voici un texte. Reponds uniquement avec ce format exact, sans phrase supplementaire :
Animal prefere : [ton animal trouve]
Attention - donnees personnelles : [liste les elements qui sont des donnees personnelles, ou ecris "aucun"]

Texte : {texte_anonymise}"""

    reponse = requests.post(
        "http://localhost:11434/api/generate",
        json={"model": "qwen2.5:3b", "prompt": prompt, "stream": False}
    )

    resultats[nom_fichier] = reponse.json()["response"]
    print(f"{nom_fichier} traite.")

with open(FICHIER_RESULTATS, "w", encoding="utf-8") as f:
    json.dump(resultats, f, ensure_ascii=False, indent=2)

print("Termine. Verifie resultats_ia.json")

Sur plusieurs exécutions successives de ce script, un même document (personne5.txt) a systématiquement échoué à respecter le format demandé : au lieu de répondre selon la consigne, le modèle a recopié le texte source. Un autre document a échoué une fois sur trois essais, avant de fonctionner correctement. Ce comportement n’est pas lié au prompt (qui fonctionne pour la majorité des textes), plutôt à une limite connue des petits modèles sur le respect strict d’un format de sortie.

La réinjection finale

Le dernier script combine le prénom réel, l’animal trouvé par l’IA et les éventuelles autres données personnelles détectées, pour produire un document final par personne :

import os
import json

FICHIER_CORRESPONDANCE = "correspondance.json"
FICHIER_RESULTATS_IA = "resultats_ia.json"
DOSSIER_FINAL = "documents_finaux"

with open(FICHIER_CORRESPONDANCE, "r", encoding="utf-8") as f:
    correspondance = json.load(f)

with open(FICHIER_RESULTATS_IA, "r", encoding="utf-8") as f:
    resultats_ia = json.load(f)

os.makedirs(DOSSIER_FINAL, exist_ok=True)

for nom_fichier, corr in correspondance.items():
    prenom = corr["prenom"]["valeur"] if corr["prenom"] else "PRENOM_NON_DETECTE"

    reponse_ia = resultats_ia.get(nom_fichier, "")
    animal = "non determine (echec du modele IA)"
    for ligne in reponse_ia.splitlines():
        if ligne.strip().lower().startswith("animal prefere"):
            animal = ligne.split(":", 1)[1].strip()
            break

    contenu_final = f"Prenom : {prenom}\n"
    contenu_final += f"Animal prefere : {animal}\n"

    if corr["autres_elements_personnels"]:
        contenu_final += "\nAutres elements personnels detectes :\n"
        for item in corr["autres_elements_personnels"]:
            contenu_final += f"- {item['jeton']} : {item['valeur']} ({item['categorie']})\n"

    nom_sortie = nom_fichier.replace(".txt", "_final.txt")
    with open(os.path.join(DOSSIER_FINAL, nom_sortie), "w", encoding="utf-8") as f:
        f.write(contenu_final)

print("Termine. Verifie le dossier documents_finaux/")

Résultat obtenu sur les 5 documents :

Prenom : PRENOM_NON_DETECTE
Animal prefere : axolotl

Prenom : Thomas
Animal prefere : fennec

Prenom : Camille
Animal prefere : Quokka
Autres elements personnels detectes :
- AUTRE_1 : Salut (LOCATION)

Prenom : Julien
Animal prefere : pangolin

Prenom : Sophie
Animal prefere : non determine (echec du modele IA)

Chaque cas d’échec est signalé explicitement dans le document final, plutôt que masqué ou laissé vide, ce qui permet de voir immédiatement où le workflow a besoin d’être amélioré.

Ce qu’on a appris

  • Un PC ancien de bureautique suffit. Aucune lenteur notable, y compris pendant les 5 appels au modèle IA.
  • Le modèle spaCy léger a ses limites. Un prénom sur cinq n’a pas été détecté, et un faux positif est apparu sur un autre texte. Un modèle plus complet (fr_core_news_md) mériterait un test comparatif avant un usage réel.
  • Le petit modèle IA est inconstant sur le format. Un même texte peut réussir ou échouer à respecter la consigne selon l’essai. Une piste pour réduire cette variabilité, non testée ici : fixer le paramètre temperature à 0 dans la requête envoyée à Ollama.
  • Le principe fonctionne malgré ces limites. Le workflow complet, de la détection à la réinjection, tourne de bout en bout sans erreur bloquante, avec une gestion propre des cas d’échec.

Des cas d’usage possibles en entreprise

Ce principe dépasse largement le simple test avec des animaux préférés. Quelques exemples concrets :

  • Formulaires de contact ou de prospection : un prospect décrit son besoin, le texte est anonymisé avant d’être traité par une IA qui propose une base de réponse ou de devis, puis l’identité est réinjectée à la fin.
  • Formation : traiter des retours d’expérience ou des évaluations sans exposer l’identité des participants pendant l’analyse.
  • Plus largement, tout traitement IA sur des documents contenant des données sensibles, où l’on veut garder un contrôle strict sur qui voit quoi et à quel moment.

Numériser les PDF scannés dans Open WebUI avec Tika

Numériser les PDF scannés dans Open WebUI avec Tika

Open WebUI ne sait pas lire un PDF scanné : il faut une couche d’OCR. Tika, un service Apache open source, comble ce manque. Voici comment l’installer, le piège à éviter, et ce que ça change vraiment sur un Mini PC.

Cet article fait partie de deux séries :

  • la série des articles sur Linux et des logiciels installés en containers Docker : projets Ubuntu
  • la série des articles sur la création d’une IA locale dans mon bureau : Créer une IA locale

Pourquoi Tika

Si tu as suivi l’article sur le RAG dans Open WebUI, tu as déjà l’embedding configuré avec nomic-embed-text, et tu sais que les modèles texte uniquement comme qwen2.5:3b ne lisent que le texte extrait d’un PDF, jamais une image.

Le problème, c’est que rien ne distingue à l’œil un PDF texte natif d’un PDF scanné : seul le contenu diffère. Si tu déposes un PDF scanné sans précaution, Open WebUI l’indexe sans erreur visible, mais le document reste vide de tout texte utilisable. Le modèle répond alors qu’il ne trouve pas l’information, même si elle est sous ses yeux.

Tika résout ce problème : c’est un serveur qui extrait le texte de n’importe quel format de document, PDF compris, et qui sait appliquer une reconnaissance optique de caractères (OCR) quand le PDF est une image plutôt que du texte.


Étape 1 – Installer Tika via Portainer

Avant d’installer un nouveau container, vérifie les ports déjà utilisés :

sudo docker ps --format "table {{.Names}}\t{{.Ports}}"

Tika ne nécessite pas de volume : il traite les fichiers à la volée, sans rien conserver entre les requêtes. Si tu veux un jour personnaliser son comportement (désactiver l’OCR, ajuster sa résolution), cela se fait via un fichier de configuration séparé, mais ce n’est pas nécessaire pour un usage standard.

Crée quand même un répertoire dédié, pour garder une trace du paramétrage en cas de réinstallation sur une autre machine :

mkdir -p /home/USER/docker/tika
nano /home/USER/docker/tika/docker-compose.yml

Colle ce contenu dans le fichier (et dans Portainer, à l’étape suivante) :

version: '3.8'
services:
  tika:
    image: apache/tika:latest-full
    container_name: tika
    restart: unless-stopped
    ports:
      - "9998:9998"
    environment:
      - TZ=Europe/Paris
    networks:
      - ollama_default

networks:
  ollama_default:
    external: true

Le piège à éviter : l’image apache/tika existe en deux versions. Le tag latest correspond à une version minimale, sans aucune capacité d’OCR. Pour que Tika sache lire un PDF scanné, il faut impérativement le tag latest-full, qui inclut Tesseract OCR. Avec le tag latest seul, l’installation semble fonctionner (le container démarre, le port répond), mais l’extraction d’un PDF image renvoie systématiquement un résultat vide, sans message d’erreur explicite.

Dans Portainer : Stacks > Add stack, nomme-le tika, colle le contenu ci-dessus dans l’éditeur web, puis déploie.

Vérifie que le container tourne :

sudo docker ps --format "table {{.Names}}\t{{.Ports}}"

Test direct, sans passer par Open WebUI. Transfère un PDF scanné sur le Mini PC, puis interroge Tika directement :

curl -T /home/USER/docker/tika/mon-pdf-scanne.pdf http://localhost:9998/tika --header "Accept: text/plain"

Si le texte du document s’affiche dans le terminal, l’OCR fonctionne. Une sortie vide signale que l’image utilisée n’est pas la version -full.


Étape 2 – Connecter Tika à Open WebUI

Connecte-toi à Open WebUI avec un compte administrateur, puis va dans Panneau d’administration > Réglages > Documents.

Dans Moteur d’extraction de contenu, sélectionne Tika, puis renseigne l’adresse du serveur :

http://tika:9998

Le nom tika correspond au nom du container, résolu automatiquement puisque Tika et Open WebUI partagent le même réseau Docker (ollama_default). Enregistre.

Je n’ai pas testé ce qui se passe pour des documents déjà indexés avant ce changement de moteur : il est possible qu’une réindexation soit nécessaire pour qu’ils bénéficient de l’OCR rétroactivement. Si tu pars d’une base de connaissances neuve, la question ne se pose pas.


Étape 3 – Tester avec un vrai PDF scanné

Pour être certain qu’un PDF est une image et non du texte, essaie de sélectionner du texte avec la souris dans une visionneuse PDF : si rien ne se sélectionne, c’est un scan.

Test en base de connaissances. Dans Espace de travail > Connaissances, ouvre une base existante (ou crée-en une), et dépose le PDF scanné. L’indexation se déroule sans erreur visible. Pose ensuite une question dont la réponse se trouve uniquement dans ce document, à l’agent associé à la base. La réponse est correcte et cite le document.

Test en pièce jointe directe. Dans une conversation normale, joins le même PDF directement au message, sans passer par une base de connaissances. La réponse arrive, correcte également, mais avec un temps de traitement nettement plus long.

Les deux scénarios fonctionnent : l’objectif principal (PDF scanné joint directement dans le chat) est atteint, tout comme le repli (PDF scanné en base de connaissances).


Le verdict : ça marche, mais c’est lent

Sur un Mini PC (Intel i5, 16 Go de RAM) qui fait déjà tourner Home Assistant, Mosquitto, Zigbee2MQTT, Ollama et Open WebUI, l’OCR via Tika consomme des ressources que la machine n’a pas en réserve. Le résultat est juste, mais l’attente se fait sentir, surtout en pièce jointe directe dans le chat.

Ce n’est pas une limite de Tika : l’OCR est par nature gourmand en calcul, quel que soit l’outil utilisé. Sur un matériel plus généreux, ou avec un GPU dédié, le temps de traitement serait nettement réduit.

Dans mon cas, je préfère donc réserver Tika à un usage ponctuel (l’indexation d’un PDF scanné dans une base de connaissances, qui ne se fait qu’une fois), plutôt qu’à un usage répété en pièce jointe directe dans une conversation. Pour les PDF que je sais scannés, je passe en amont par un OCR dédié avec Stirling PDF, déjà installé sur le même Mini PC selon la procédure décrite dans Installer et régler Stirling PDF via Docker. Le PDF ressort avec une couche de texte intégrée, et Open WebUI le traite alors comme un PDF texte natif classique, sans solliciter Tika.


Pour aller plus loin

Cet article fait partie d’une série sur l’IA locale : Créer une IA locale et l’installation de logiciels en containers Docker sous Ubuntu : projets Ubuntu

Interroger ses documents en local avec le RAG dans Open WebUI

Interroger ses documents en local avec le RAG dans Open WebUI

Ollama et Open WebUI installés, modèles téléchargés – le chat fonctionne. Mais si tu veux interroger tes propres documents sans les envoyer sur un serveur externe, il faut aller un cran plus loin : configurer le RAG.
Cet article fait partie de deux séries :

  • la série des articles sur Linux et des logiciels installés en containers Docker : projets Ubuntu
  • La série des articles sur la création d’une IA locale dans mon bureau : Créer une IA locale

C’est quoi le RAG ?

RAG est l’acronyme de « Retrieval-Augmented Generation » – en français, génération augmentée par récupération. L’idée est simple : plutôt que de demander au modèle de répondre uniquement à partir de ce qu’il a appris pendant son entraînement, on lui fournit des passages extraits de tes propres documents. Le modèle s’appuie sur ces passages pour construire sa réponse.

En pratique, ça change tout : tu peux créer un assistant qui connaît ta documentation interne, tes notes, tes rapports – et qui répond en citant ses sources. Et si c’est fait dans un système local, rien ne sort vers l’extérieur.


Le rôle de l’embedding

Pour que le RAG fonctionne, le système doit être capable de trouver rapidement les passages pertinents dans tes documents avant de les transmettre au modèle. C’est le rôle de l’embedding – qu’on pourrait traduire par vectorisation sémantique, même si ce terme n’est pas d’usage courant.

Un modèle d’embedding lit chaque paragraphe de tes documents et le convertit en une liste de coordonnées mathématiques – un vecteur. Deux paragraphes qui parlent du même sujet auront des coordonnées proches, même s’ils n’utilisent pas les mêmes mots. Quand tu poses une question, ta question est convertie de la même façon, et le système trouve en quelques millisecondes les paragraphes les plus proches.

Le LLM ne reçoit alors que ces quelques paragraphes pertinents – pas l’intégralité du document. Sur un CPU sans carte graphique dédiée, c’est ce qui rend le système utilisable : le modèle n’a que quelques lignes à lire pour formuler sa réponse.


Prérequis


Étape 1 – Télécharger le modèle d’embedding

nomic-embed-text est un modèle léger (~270 Mo), rapide sur CPU, avec une fenêtre de contexte de 8192 tokens – ce qui permet de découper les documents en morceaux suffisamment grands pour conserver le sens.

Dans un terminal sur le Mini PC Linux :

sudo docker exec ollama ollama pull nomic-embed-text

Vérifie qu’il est bien disponible :

sudo docker exec ollama ollama list

nomic-embed-text doit apparaître dans la liste aux côtés de tes modèles LLM.


Étape 2 – Configurer l’embedding dans Open WebUI

Dans Open WebUI, connecte-toi avec ton compte administrateur, puis va dans Panneau d’administration > Réglages > Documents.

Dans la section Embedding :

  • Moteur de modèle d’embedding : sélectionne Ollama
  • Modèle d’embedding : saisis nomic-embed-text

Clique sur Enregistrer.

Open WebUI délègue désormais toute la vectorisation à Ollama. Les deux modèles – LLM et embedding – tournent sur le même moteur, sans duplication de ressources.


Étape 3 – Créer une base de connaissances

Une base de connaissances est un ensemble de documents indexés sur un thème donné. C’est l’équivalent local d’un Projet Claude ou d’un Gem Gemini – sans que rien ne sorte de ta machine.

Dans Open WebUI, va dans Espace de travail > Connaissances, puis crée une nouvelle base avec un nom explicite (par exemple « Réglementation formation » ou « Documentation projet X »).

Glisse-dépose tes fichiers PDF ou TXT dans la zone dédiée. Le CPU va s’activer quelques secondes – c’est nomic-embed-text qui indexe et vectorise les documents en arrière-plan. Une fois l’indexation terminée, la base est prête.

Quelques points à garder en tête :

  • Les modèles texte uniquement (qwen2.5:3b, llama3.1, mistral) ne peuvent pas traiter des images – seul le texte extrait des PDF est utilisable
  • Pour les très longs documents (plus de 50-100 pages), laisse le CPU terminer l’indexation avant d’en ajouter d’autres

Étape 4 – Créer un agent associé à la base

La base de connaissances seule ne fait rien – il faut lui associer un agent, c’est-à-dire un modèle configuré avec un comportement précis.

Dans Espace de travail > Modèles, clique sur Créer un modèle, puis :

  • Donne-lui un nom explicite (par exemple « Assistant formation »)
  • Modèle de base : sélectionne qwen2.5:3b
  • Dans la section Connaissances, associe la base créée à l’étape précédente
  • Rédige un system prompt

Le system prompt est crucial. Sans instruction claire, le modèle complète avec ses connaissances générales plutôt que de s’appuyer sur tes documents. Un exemple efficace :

« Tu es l’assistant de [ton rôle]. Tu réponds uniquement à partir des documents fournis dans ta base de connaissances. Si une information n’y figure pas, dis-le clairement sans inventer. Ne complète jamais avec tes connaissances générales. »

Sauvegarde. L’agent est prêt.


Ce que ça fait vraiment

Les tests sur cette configuration (Mini PC Ubuntu, Intel i5, 16 Go de RAM) donnent des résultats concluants sur des documents de quelques pages à une vingtaine de pages. Le modèle cite ses sources, répond aux questions dans le périmètre des documents, et indique clairement quand une information est absente.

Quelques limites à connaître :

Documents texte uniquement. Les modèles testés ici (qwen2.5:3b et les autres) ne traitent pas les images. Envoyer une image depuis Open WebUI produit une erreur. Seul le texte extrait des PDF est utilisable par le RAG.

Les PDF scannés nécessitent une étape supplémentaire. Le moteur d’extraction par défaut d’Open WebUI ne sait pas lire un PDF image (un scan sans couche texte). Si tu essaies d’en déposer un dans une base de connaissances, tu obtiendras une erreur silencieuse ou un document vide. La solution est d’ajouter Tika – un service Apache open source – comme moteur d’extraction. Tika s’installe en container Docker séparé et se connecte à Open WebUI via le réseau Docker. Ce point fait l’objet d’un article à venir dans cette série.

Le system prompt fait la différence. Sans instruction explicite de rester dans les sources, le modèle complète avec ses connaissances générales – les réponses paraissent correctes mais ne s’appuient pas sur tes documents. L’instruction « réponds uniquement à partir des documents fournis » change significativement le comportement.

Les réponses ne sont pas déterministes. Le même modèle, la même question, des sessions différentes peuvent produire des réponses légèrement différentes. C’est une caractéristique fondamentale des LLM, pas un dysfonctionnement – et une bonne raison de tester systématiquement après chaque modification de configuration.


Pour aller plus loin

Cet article fait partie d’une série sur l’IA locale : Créer une IA locale et l’installation de logiciels en containers Docker sous ubuntu : Créer une IA locale

Comparer 4 modèles LLM en local : le crash test en français

Comparer 4 modèles LLM en local : le crash test en français

Ollama et Open web UI installés, modèles téléchargés – reste à savoir lequel utiliser au quotidien. Un prompt unique soumis aux 4 modèles permet de les départager rapidement sur ce qui compte : logique, maîtrise du français, et comportement de la machine.


La configuration de test

  • Mini PC sous Ubuntu, processeur Intel i5, 16 Go de RAM
  • Inférence CPU uniquement – pas de GPU dédié
  • 4 modèles testés via Open WebUI connecté à Ollama. Voir le processus d’installation dans l’article Installer Ollama et Open WebUI sur Ubuntu avec Docker.

Les 4 modèles et leurs caractéristiques :

ModèleTailleProfil
qwen2.5:3b~2,2 Go RAMPetit modèle, développé par Alibaba
gemma2:2b~1,6 Go RAMTrès compact, développé par Google
llama3.1 (8B)~4,7 Go RAMModèle de référence de Meta
mistral (7B)~4,1 Go RAMDéveloppé en France par Mistral AI

Le protocole : un seul prompt, quatre critères

Le même prompt a été soumis à chacun des 4 modèles, sans modification :

« Résous ce problème de logique étape par étape : Trois personnes (Alice, Bob et Charlie) ont chacune une couleur de pull différente (Bleu, Rouge, Vert). Alice dit qu’elle ne porte pas de bleu. Charlie porte un pull vert. Quelle est la couleur du pull de Bob ? Ensuite, traduis cette expression anglaise de manière naturelle en français : ‘It is raining cats and dogs’. Enfin, écris une seule phrase poétique sur la pluie. »

Ce prompt évalue quatre critères en une seule passe :

  • Logique : résoudre l’énigme par déduction (solution attendue : Bob = Bleu)
  • Traduction idiomatique : éviter la traduction littérale, trouver l’équivalent naturel en français
  • Créativité : qualité et fluidité de la phrase poétique
  • Comportement machine : vitesse d’affichage, charge CPU et RAM observées via htop

Conditions du test : avant chaque modèle, vérification qu’aucun autre modèle n’est chargé en RAM (sudo docker exec ollama ollama ps), et arrêt forcé si nécessaire (sudo docker exec ollama ollama stop <nom_du_modele>). Le chronométrage est fait à la main, du moment où le prompt est envoyé jusqu’à la fin de l’affichage de la réponse. Les modèles sont testés du plus léger au plus lourd.


Résultats modèle par modèle

qwen2.5:3b – L’outsider agile

Durée : 44 secondes

Logique : correct. Raisonnement concis, conclusion juste (Bob = Bleu).

Traduction : correct mais en retrait. Il propose « Il pleut très fort » – ce qui est juste, mais banal. Lors d’une session précédente avec ce même modèle, il avait spontanément proposé quatre variantes idiomatiques (« Il pleut à torrents », « Il pleut à verse », « Il pleut comme jamais ») – une performance nettement meilleure. C’est un rappel utile : les LLM ne sont pas déterministes, la même question peut produire des réponses différentes d’une session à l’autre.

Poésie : correct, avec une image intéressante. « L’onde silencieuse des gouttes, qui chuchotent à travers le ciel. »

Machine : très bon comportement. Affichage quasi instantané, charge CPU modérée, RAM peu sollicitée. La machine reste disponible pendant et après le test.


gemma2:2b – Le petit modèle décevant

Durée : 30 secondes

Logique : faux. Il identifie correctement que Charlie porte le vert et qu’Alice ne porte pas le bleu, mais ne parvient pas à conclure correctement – il introduit même une couleur inexistante dans l’énoncé. C’est la limite des modèles à 2 milliards de paramètres : la surface cognitive est insuffisante pour enchaîner plusieurs étapes de déduction avec une négation.

Traduction : échec. Il traduit « It is raining cats and dogs » par « Il pleut des chats et des chiens » – traduction littérale, qui perd tout le sens de l’expression.

Poésie : il répond en anglais (« The sky weeps a soft, silver song »), ignorant la consigne en français.

Machine : comportement moyen. Plus lent que qwen2.5:3b malgré sa taille inférieure – l’architecture de Gemma est plus gourmande en ressources CPU relativement à sa taille.


llama3.1 (8B) – Le raisonneur qui déraille

Durée : 2 minutes 17 secondes

Logique : faux. Le modèle développe un raisonnement structuré en plusieurs étapes, mais arrive à une conclusion erronée : il annonce Bob = Rouge, alors que la bonne réponse est Bob = Bleu. C’est d’autant plus surprenant que le raisonnement intermédiaire est correct – il identifie bien que Charlie = Vert et qu’Alice ne porte pas de bleu – mais la conclusion finale ne suit pas.

Traduction : parfait. « Il pleut des cordes » – sans hésitation, avec en complément « il pleut à verse ».

Poésie : correct. « La pluie tombant avec insistance et régularité est comme une promesse de renouveau. »

Machine : lourd. Affichage lent, charge CPU élevée sur les 8 coeurs, RAM fortement sollicitée. La machine reste saturée après le test et nécessite un arrêt forcé du modèle via sudo docker restart ollama pour revenir à la normale.


mistral (7B) – Les pieds dans le tapis

Durée : 1 minute 39 secondes

Logique : raisonnement contradictoire. Mistral part d’une bonne intuition mais son développement est incohérent : il affirme qu’Alice ne peut pas porter le vert alors que l’énoncé ne dit rien de tel, et conclut finalement Bob = Bleu – la bonne réponse – mais pour de mauvaises raisons. Un résultat juste obtenu par un chemin faux.

Traduction : mauvais, à deux titres. D’abord il donne la traduction littérale « Il pleut des chats et des chiens », puis tente de se rattraper en expliquant que « cela pleut beaucoup ». Cette formulation « cela pleut » est un calque direct de l’anglais « it’s raining » – un francophone écrit « il pleut », jamais « cela pleut ». Pour un modèle développé en France et réputé pour son français, c’est une déception.

Poésie : faute de grammaire. Mistral écrit « Les gouttes de pluie sont les diamants que tombent du ciel » – il aurait fallu écrire « qui tombent ». C’est la surprise du test : un modèle développé en France commet une erreur de syntaxe élémentaire sur sa langue maternelle. Cela illustre l’effet de la quantification – la compression du modèle pour réduire sa taille peut dégrader certaines compétences linguistiques, même sur la langue d’origine.

Machine : critique. Avec Home Assistant et les autres containers actifs en parallèle, la machine a atteint la limite de sa RAM physique et a commencé à utiliser le swap (espace disque utilisé comme mémoire de secours). Un arrêt forcé du container Ollama est nécessaire pour revenir à la normale.


Tableau récapitulatif

Critèreqwen2.5:3bgemma2:2bllama3.1 (8B)mistral (7B)
LogiqueCorrectFauxFauxRésultat juste, raisonnement faux
TraductionCorrectÉchecParfaitMauvais
PoésieCorrectHors consigneCorrectFaute de syntaxe
Durée45 sec31 sec2 min 171 min 39
Impact machineLégerMoyenLourdCritique

Ce que ce test apprend sur les LLM locaux

La taille ne fait pas tout. qwen2.5:3b (3 milliards de paramètres) surpasse gemma2:2b (2 milliards) sur tous les critères linguistiques, y compris la traduction en français, alors qu’il est plus grand. L’architecture et les données d’entraînement comptent autant que le nombre de paramètres.

Les LLM ne sont pas déterministes. Le même modèle, le même prompt, des résultats différents d’une session à l’autre. qwen a produit quatre variantes idiomatiques lors d’un premier passage, et une réponse banale lors du second. C’est une caractéristique fondamentale des LLM, pas un bug.

Les grands modèles ont un coût réel sur CPU. Llama 3.1 et Mistral sont utilisables, mais pas sur une machine déjà chargée par d’autres services. Sur un PC dédié uniquement à Ollama, le résultat serait différent.


Recommandation pour ma configuration

Au quotidien : qwen2.5:3b. Rapide, léger, correct en français, il ne sollicite pas la machine. C’est le modèle à utiliser en priorité sur une machine qui fait tourner d’autres services en parallèle.

Pour les tâches complexes : llama3.1 si la machine est disponible et si tu peux attendre – mais en gardant à l’esprit que ses performances en logique se sont révélées décevantes dans ce test.

À désinstaller : gemma2:2b. Ses performances en logique et en français sont insuffisantes, et il n’offre aucun avantage sur qwen2.5:3b.

À utiliser avec précaution : mistral. Son impact sur la RAM est trop important pour une machine partagée, et ses performances en français sont inférieures à ce qu’on pourrait attendre d’un modèle développé en France.

Nota

Ces modèles ne lisent pas les fichiers. Les 4 modèles testés sont des modèles texte uniquement. Envoyer un PDF ou une image depuis Open WebUI produit une erreur – le modèle ne sait pas traiter ce type d’entrée. Deux pistes pour y remédier : le RAG (Retrieval-Augmented Generation), qui permet d’interroger des documents en extrayant leur texte en amont, et les modèles multimodaux, capables de traiter des images directement. Ces deux sujets feront l’objet d’articles séparés.

Installer Ollama et Open WebUI sur Ubuntu avec Docker

Installer Ollama et Open WebUI sur Ubuntu avec Docker

Tu veux faire tourner un modèle d’IA en local, sans envoyer tes données sur un serveur externe ? Ollama gère les modèles, Open WebUI fournit l’interface – les deux s’installent en quelques minutes via Portainer.


Prérequis

Vérifie les ports occupés avant de commencer :

sudo docker ps --format "table {{.Names}}\t{{.Ports}}"

Cette méthode fonctionne sur n’importe quel Ubuntu avec Docker et Portainer, que tu aies ou non d’autres containers en place. C’est pour faire fonctionner des modèles de langage qu’il peut être essentiel de réaliser cette installation sur un ordinateur un peu rapide, et pas trop occupé par d’autres activités. Les LLM consomment de l’espace disque pour leur stockage local (quelques giga octets par modèle) et de la mémoire vive lorsqu’ils sont utilisés (un ordinateur avec 8 Go de RAM minimum est recommandé, 16 Go si tu veux tester des modèles plus puissants).


Ce qu’on installe

Ollama est le moteur qui télécharge et fait tourner les modèles de langage (LLM). Il expose une API locale sur le port 11434. Il fonctionne en ligne de commande. Il ne stocke aucun historique de tes conversations.

Open WebUI est l’interface web qui se connecte à Ollama. Tu y accèdes depuis n’importe quel navigateur sur le même réseau local – PC Windows, tablette, Android. Open WebUI permet de disposer d’une interface de type « chat », pour « discuter » avec le LLM. Et Open WebUI assure le stockage de l’historique des conversations.

Les deux tournent en containers Docker séparés, avec leurs données dans /home/USER/docker/ pour être couverts par la sauvegarde automatique rclone (voir l’article sur la sauvegarde des containers).


Étape 1 – Installer Ollama

Créer le répertoire de config

bash

mkdir -p /home/USER/docker/ollama/config

Ce répertoire accueille tes fichiers de configuration personnalisés (Modelfiles). Les modèles eux-mêmes, qui peuvent peser plusieurs gigaoctets, sont stockés dans un volume Docker interne – ils ne sont pas sauvegardés, et se retéléchargent facilement si besoin.

Déployer la stack dans Portainer

Dans Portainer : Stacks > Add stack, donne le nom ollama, puis colle ce contenu dans le Web editor :

version: '3.8'
services:
  ollama:
    image: ollama/ollama:latest
    container_name: ollama
    restart: unless-stopped
    ports:
      - "11434:11434"
    volumes:
      - ollama_models:/root/.ollama/models
      - /home/USER/docker/ollama/config:/root/.ollama/config
    environment:
      - TZ=Europe/Paris

volumes:
  ollama_models:

Remplace USER par ton nom d’utilisateur Linux, puis clique sur Deploy the stack.

Vérifier

sudo docker ps --format "table {{.Names}}\t{{.Ports}}"

Le container ollama doit apparaître avec le port 11434 comme ici :


Étape 2 – Installer Open WebUI

Créer le répertoire de données

mkdir -p /home/USER/docker/open-webui/data

Déployer la stack dans Portainer

Dans Portainer : Stacks > Add stack, donne le nom open-webui, puis colle ce contenu :

version: '3.8'
services:
  open-webui:
    image: ghcr.io/open-webui/open-webui:main
    container_name: open-webui
    restart: unless-stopped
    ports:
      - "3000:8080"
    volumes:
      - /home/USER/docker/open-webui/data:/app/backend/data
    environment:
      - TZ=Europe/Paris
      - OLLAMA_BASE_URL=http://ollama:11434
    extra_hosts:
      - "host.docker.internal:host-gateway"
    networks:
      - ollama_default

networks:
  ollama_default:
    external: true

Remplace USER par ton nom d’utilisateur Linux, puis clique sur Deploy the stack.

Le réseau ollama_default est créé automatiquement par la première stack. Open WebUI s’y connecte pour joindre Ollama directement, sans passer par l’IP de la machine. C’est pour cette raison que les deux stacks doivent être déployées dans cet ordre.

Vérifier l’accès

Depuis n’importe quel navigateur sur ton réseau local :

http://IP_DU_PC_LINUX:3000

Tu dois voir l’interface Open WebUI. Le premier compte créé devient automatiquement administrateur – choisis un mot de passe solide.


Étape 3 – Télécharger un premier modèle

Dans Open WebUI, va dans Panneau d’administration > Réglages > Modèles, puis utilise l’option de téléchargement depuis Ollama pour récupérer un modèle.

Pour commencer, qwen2.5:3b est un bon choix : léger (environ 2,2 Go), rapide sur CPU, et d’excellente qualité en français.

Une fois téléchargé, ouvre une nouvelle conversation, sélectionne le modèle dans le menu déroulant en haut, et teste.


Ce qui est sauvegardé

ÉlémentEmplacementSauvegardé
Config et Modelfiles Ollama/home/USER/docker/ollama/config/Oui (rclone)
Données Open WebUI (historique, comptes)/home/USER/docker/open-webui/data/Oui (rclone)
Modèles LLMVolume Docker interneNon – à retélécharger

Les sauvegardes sont faites par rclone si vous avez fait la configuration indiquée plus haut (« ce qu’on installe »)


Pour aller plus loin

L’article suivant, Comparer 4 modèles LLM en local : le crash test en français, compare quatre modèles sur cette configuration via un protocole de test en français : logique, traduction idiomatique, créativité et charge CPU.

Vérifie la configuration de tes e-mails en 30 secondes avec Mail-tester

Vérifie la configuration de tes e-mails en 30 secondes avec Mail-tester

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Si tu dois revoir ta configuration, ces deux articles t’expliquent comment procéder sur OVH avec Google Workspace :


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